Deloitte s'appuie sur le QCAD en amont du cadre législatif canadien C-15
Deloitte Canada collabore avec la société de technologie financière Stablecorp pour développer une infrastructure de stablecoins destinée aux institutions financières canadiennes, une démarche stratégique précédant les nouvelles réglementations du pays concernant les actifs numériques adossés à des monnaies fiduciaires. Selon une annonce faite lundi, le géant des services professionnels prévoit d'intégrer le QCAD de Stablecorp, un stablecoin indexé un pour un sur le dollar canadien, dans les flux de paiement et de règlement pour ses clients institutionnels. Aucun partenaire bancaire spécifique ni calendrier de déploiement n'a été divulgué.
Ce partenariat vise à préparer les banques et autres institutions à l'adoption des stablecoins une fois qu'un régime réglementaire clair sera en place. Les applications potentielles incluent des rails de paiement 24h/24 et 7j/7, une efficacité de règlement améliorée par rapport à la banque traditionnelle, et une tenue de registres transparente via la blockchain. Cela positionne Deloitte et Stablecorp pour capter un avantage de premier entrant dans l'écosystème canadien des actifs numériques réglementés.
Le Canada se tourne vers les Stablecoins Privés après avoir abandonné le projet de CBDC en 2024
Le gouvernement canadien fait activement progresser un cadre fédéral pour les stablecoins en vertu du projet de loi C-15, qui a été introduit en novembre. La Banque du Canada a publiquement appelé à des règles plus claires, soulignant la nécessité d'une certitude réglementaire pour moderniser les systèmes de paiement de la nation. La banque centrale a stipulé que tout cadre doit garantir que les stablecoins sont entièrement adossés à des actifs liquides de haute qualité et sont toujours remboursables au pair.
Cette impulsion réglementaire fait suite à la décision de la Banque du Canada en septembre 2024 d'abandonner ses plans de monnaie numérique de banque centrale (CBDC) après sept ans de recherche. La décision, influencée par près de 90 000 réponses publiques au cours d'une période de consultation, suggère un virage stratégique vers l'habilitation et la réglementation des stablecoins du secteur privé plutôt que l'émission d'un dollar numérique contrôlé par l'État. Cette approche contraste avec les débats réglementaires plus controversés qui ont lieu dans d'autres nations du G7.
Le Marché Canadien Reste Petit Comparé au Secteur Américain de 1,35 Milliard de Dollars
Bien que significative pour le Canada, cette initiative souligne la petite taille de son marché national de stablecoins par rapport au segment du dollar américain. À l'échelle mondiale, l'USDT de Tether et l'USDC de Circle dominent l'offre et l'utilisation des stablecoins. Aux États-Unis, les progrès réglementaires ont été ralentis par les débats sur la question de savoir si des entreprises comme Coinbase peuvent offrir des rendements sur les avoirs en stablecoins, un problème qui a contribué à ce que ses revenus liés aux stablecoins atteignent 1,35 milliard de dollars en 2025.
L'approche canadienne semble davantage axée sur l'établissement d'une infrastructure fondamentale en premier lieu, laissant le secteur privé mener l'innovation au sein d'un bac à sable réglementaire défini. Cela permet à des entreprises comme Deloitte de construire des solutions de paiement sans être entravées par l'impasse politique observée aux États-Unis sur des questions telles que les actifs numériques porteurs d'intérêts. Alors que le Canada progresse, sa clarté réglementaire pourrait attirer l'innovation en matière d'actifs numériques tandis que le marché américain, plus vaste, continue de résoudre ses propres obstacles législatifs.