Bank of America a révisé à la hausse ses prévisions de croissance des exportations chinoises pour 2026, les portant à 15 %, invoquant la demande galopante de l'industrie de l'intelligence artificielle comme catalyseur principal de ce relèvement.
Cette nouvelle projection marque une augmentation significative par rapport à l'estimation précédente de la banque et reflète l'accélération des expéditions de matériel lié à l'IA, de semi-conducteurs et de composants électroniques en provenance des usines chinoises. Le secteur exportateur chinois a été un pilier clé de la croissance économique, les expéditions sortantes ayant augmenté de 5,9 % en 2024 et conservé leur dynamique en 2025, selon les données douanières.
« La chaîne d'approvisionnement chinoise dans l'IA devient un moteur structurel des exportations, couvrant tout, des équipements de centres de données aux intrants de fabrication avancée », a déclaré Helen Qiao, économiste en chef pour la Chine chez Bank of America. « Ce relèvement reflète à la fois la croissance des volumes et l'amélioration des valeurs unitaires à mesure que les producteurs chinois montent en gamme. »
Cette révision intervient alors que les entreprises technologiques mondiales intensifient leurs dépenses d'investissement dans les infrastructures d'IA. Les exportations chinoises de circuits intégrés ont atteint 159 milliards de dollars en 2024, en hausse de 18 % sur un an, tandis que les exportations d'équipements de traitement automatique des données — une catégorie incluant les serveurs et les équipements de réseau — ont augmenté de 12 % sur la même période, selon l'Administration générale des douanes. La dernière période comparable d'accélération rapide des exportations remonte à 2021, lorsque les expéditions chinoises avaient bondi de 30 % grâce au rebond de la demande mondiale post-pandémique, bien que ce rythme ait été alimenté par les biens de consommation plutôt que par la technologie industrielle.
Ce relèvement a des implications qui dépassent les seules données commerciales. La machine exportatrice chinoise a été confrontée à des vents contraires liés aux droits de douane élevés imposés par les États-Unis et l'Union européenne, Washington maintenant un taux tarifaire moyen d'environ 19 % sur les produits chinois après de multiples escalades depuis 2018. Les précédents droits de douane de 25 % sur 250 milliards de dollars d'importations chinoises en 2019 ont réduit les flux commerciaux bilatéraux d'environ 16 % au cours des 12 mois suivants, selon une étude de la Réserve fédérale. Pourtant, la demande tirée par l'IA semble compenser une partie de ce frein, en particulier pour les composants à plus forte valeur ajoutée qui sont confrontés à moins d'obstacles tarifaires directs.
Pour les investisseurs, ces prévisions signalent un potentiel de hausse pour les actions technologiques et manufacturières chinoises. Le thème de la chaîne d'approvisionnement en IA a déjà soutenu les titres des entreprises liées aux équipements de centres de données, au conditionnement des puces et aux services de fabrication électronique. Si la croissance des exportations de 15 % se concrétise, elle représenterait le rythme d'expansion le plus rapide depuis le rebond post-pandémique de 2021, ajoutant environ 1,5 à 2 points de pourcentage à la croissance du produit intérieur brut de la Chine, selon les estimations historiques d'élasticité entre exportations et PIB.
Les perspectives ne sont pas sans risques. Une escalade des restrictions commerciales — y compris d'éventuelles nouvelles hausses de droits de douane ou des contrôles supplémentaires sur les exportations de technologies — pourrait freiner cette trajectoire. Les prévisions de Bank of America partent du principe qu'il n'y aura pas d'escalade majeure des barrières commerciales au-delà des niveaux actuels, un scénario qui pourrait s'avérer optimiste compte tenu des tensions géopolitiques persistantes entre Washington et Pékin.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.