La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, est directement intervenue pour bloquer la licence européenne de Binance en Grèce, laissant à l'exchange moins de deux semaines pour obtenir une autorisation via la France, sous peine de perdre l'accès à 90 millions d'utilisateurs européens.
La demande de licence MiCA (Marchés des actifs cryptographiques) de Binance en Grèce s'est effondrée après que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a ordonné à la Commission hellénique des marchés de capitaux d'annuler son approbation préliminaire, selon une personne proche du dossier. Cette intervention laisse au plus grand exchange de cryptomonnaies au monde moins de deux semaines pour obtenir une autorisation européenne avant la date limite de transition du 1er juillet.
« La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a directement ordonné à la Grèce de rejeter la demande de licence MiCA de Binance », a écrit le journaliste Gareth Jenkinson sur X, citant une source selon laquelle Binance avait reçu un feu vert du régulateur grec avant l'intervention de la BCE. La HCMC n'a pas émis de rejet public officiel, mais un non-respect pourrait entraîner des amendes allant jusqu'à 5 millions d'euros.
Binance a soumis sa demande MiCA le 22 janvier 2026, proposant une société holding grecque pour desservir les 27 États membres de l'UE sous une autorisation unique — une stratégie que le co-PDG Richard Teng avait publiquement soutenue. La Grèce étant désormais exclue, l'exchange est en pourparlers avec l'Autorité des marchés financiers (AMF) française, bien qu'aucune demande formelle n'ait encore été déposée. L'AMF fait face à un arriéré d'environ 90 prestataires de services sur actifs numériques enregistrés qui doivent encore convertir leurs enregistrements PSAN en licences MiCA complètes.
Les enjeux sont existentiels pour les opérations européennes de Binance. Sans autorisation MiCA d'ici le 1er juillet, l'exchange serait dans l'incapacité d'offrir des services cryptographiques couverts à ses quelque 90 millions d'utilisateurs dans l'UE, risquant de céder des parts de marché à ses rivaux Coinbase et Kraken, qui ont déjà obtenu des licences conformes. L'AMF mène également une enquête pénale active contre Binance pour suspicion de blanchiment d'argent et d'infractions fiscales liées à des activités allant de 2019 à 2024, ce qui complique encore davantage le calendrier.
L'intervention de la BCE s'inscrit dans un schéma plus large de résistance des banques centrales à l'infrastructure cryptographique privée. Lagarde a critiqué les stablecoins libellés en euros, les jugeant structurellement fragiles lors du Forum économique latino-américain de la Banque d'Espagne en mai, citant le décrochage de l'USDC lors de l'effondrement de la Silicon Valley Bank en 2023. Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a fait écho à ces préoccupations le 1er juin, avertissant que les stablecoins adossés au dollar pourraient renforcer l'influence monétaire américaine. La BCE privilégie plutôt son projet d'euro numérique, dont le lancement n'est pas prévu avant 2029 au moins.
L'incertitude réglementaire a pesé sur le BNB, le jeton natif de Binance. Le BNB s'échangeait à 487,30 $ au 18 juin à 14 h 00 UTC, en baisse de 6,2 % sur les dernières 24 heures, selon les données de CoinGecko. Le jeton a perdu environ 12 % au cours de la dernière semaine, les traders intégrant le risque d'une sortie du marché européen.
Les exchanges rivaux profitent de la tourmente. Le fournisseur italien de portefeuilles d'actifs numériques Conio a obtenu l'autorisation MiCAR de la Consob et de la Banque d'Italie le 17 juin, se positionnant pour des opérations transfrontalières dans l'UE. La MFSA maltaise a également ouvert une consultation publique sur la question de savoir si les protocoles DeFi dotés de fonctionnalités centralisées relèvent de MiCA, signe que les petites juridictions de l'UE cherchent à capter des parts de marché alors que Binance est en difficulté.
La date clé à surveiller est le 30 juin — le dernier jour ouvrable avant la date butoir. Si Binance dépose une demande formelle MiCA auprès de l'AMF d'ici là, cela signale son intention de rester sur le marché européen. Un dépôt ne garantit pas l'approbation, et l'enquête pénale française en cours pourrait ralentir le processus. Sans dépôt, Binance serait confrontée au choix de limiter ses services dans l'UE ou d'opérer sans autorisation, risquant ainsi des sanctions au titre de MiCA.
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