L'or s'échangeait près de 4 050 $ l'once, en baisse de 27 % par rapport à son record de janvier, alors que la dernière enquête du World Gold Council montre que les banques centrales maintiennent des achats élevés, tandis que la Société Générale a mis en garde contre un possible ralentissement de la frénésie d'achats.
« Les banques centrales restent des acheteuses nettes d'or, avec une demande qui se maintient à des niveaux bien supérieurs à la moyenne d'avant 2022 », a déclaré le World Gold Council dans son enquête 2026 auprès des banques centrales, qui a sondé 70 institutions dans le monde.
La Pologne a ajouté 18 tonnes métriques d'or en mai et la Chine en a acheté 10 tonnes, selon l'enquête. Ces achats interviennent alors que l'or au comptant a perdu plus de 1 600 $ par rapport à son record historique de janvier à 5 594,82 $, sous la pression d'un dollar américain plus fort et des signaux hawkish de la Réserve fédérale sous la direction du nouveau président Kevin Warsh.
La Société Générale s'attend à un rythme d'achats plus mesuré à l'avenir, suggérant que la frénésie d'achats record pourrait ralentir. La vision de la banque contraste avec celle d'UBS, qui prévoit une hausse de l'or de 28 % à 5 200 $ l'once au cours des 12 prochains mois, soutenue par la demande continue des banques centrales et un dollar plus faible.
La demande des banques centrales reste un soutien structurel
L'enquête du World Gold Council, menée au premier trimestre 2026, a révélé que 29 % des banques centrales prévoient d'augmenter leurs réserves d'or au cours des 12 prochains mois, citant le rôle de l'or comme valeur refuge et couverture contre la dépréciation des devises. Ces achats ont été l'un des principaux moteurs de la hausse pluriannuelle de l'or, le métal ayant gagné plus de 126 % au cours des cinq dernières années.
L'appétit du secteur officiel pour l'or a remodelé le profil de la demande du métal. Les banques centrales ont acheté plus de 1 000 tonnes par an au cours de chacune des trois dernières années, selon les données du WGC, dépassant largement la moyenne de 473 tonnes de la décennie précédente.
Wall Street divisée sur la prochaine direction de l'or
La divergence des perspectives reflète l'incertitude quant à la trajectoire de la politique monétaire américaine. Le virage hawkish de la Fed sous Warsh a poussé le dollar à des sommets de 13 mois, rendant l'or libellé en dollars plus cher pour les détenteurs d'autres devises. Les traders ont intégré une possible hausse des taux dès septembre, selon les données du CME.
UBS prévoit un prix de l'or à 5 200 $ l'once dans les 12 prochains mois, citant les changements de politique de la Fed, un dollar plus faible et des achats soutenus des banques centrales. Goldman Sachs a réduit son objectif de fin d'année à 4 900 $ contre 5 400 $, tandis qu'ING s'attend désormais à 4 600 $, contre 5 000 $.
Pour les investisseurs, la question est de savoir si le repli par rapport à 5 600 $ représente une opportunité d'achat ou le début d'une correction plus profonde. Les achats des banques centrales fournissent un plancher, mais un rythme plus mesuré de la part du secteur officiel pourrait limiter le potentiel de hausse à court terme.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.