La société cosmétique chinoise Chando Global Holdings a redéposé sa demande d'introduction en bourse (IPO) à Hong Kong le 2 avril, révélant un chiffre d'affaires de 5,32 milliards ¥ pour l'exercice 2025.
Le dépôt auprès du Main Board, avec pour co-sponsors Huatai International et UBS Group, intervient quelques jours seulement après l'expiration de sa première demande de septembre 2025 et sur fond d'enquêtes de la Commission chinoise de régulation des valeurs mobilières (CSRC).
Le prospectus mis à jour montre que la marge brute s'est améliorée pour atteindre 70,6 % en 2025, tandis que le bénéfice net s'est redressé à 3,51 milliards ¥ après une baisse de 37,1 % en 2024. La marque principale Chando (自然堂) représente 95,3 % des ventes, tandis que les dépenses en recherche et développement (R&D) sont tombées à 1,7 % du chiffre d'affaires au cours du premier semestre 2025.
Le succès de cette introduction en bourse testera l'appétit des investisseurs pour les marques de consommation traditionnelles aux coûts marketing élevés et sera crucial pour que Chando puisse financer son expansion face à des rivaux à croissance rapide comme Proya et SEMg.
Le chiffre d'affaires de Chando le place au troisième rang des groupes cosmétiques domestiques en Chine, mais sa croissance accuse un retard par rapport à ses concurrents. Le taux de croissance annuel composé de la société était d'environ 3,5 % entre 2022 et 2024, bien derrière le leader du marché Proya, qui a dépassé les 10 milliards ¥ de chiffre d'affaires annuel, et SEMg avec environ 6,8 milliards ¥.
Le modèle économique de l'entreprise fait l'objet d'un examen minutieux en raison de son approche privilégiant le marketing au détriment de la R&D. Les frais de vente et de marketing dépassent systématiquement 55 % du chiffre d'affaires, un niveau plus élevé que celui de ses pairs. En revanche, l'investissement en R&D se réduit, ce qui soulève des questions sur sa capacité à innover dans un marché où les consommateurs se concentrent de plus en plus sur l'efficacité des produits et les ingrédients.
Les obstacles réglementaires constituent également un défi. La CSRC interroge formellement la structure « red-chip » de la société, les changements historiques de capitaux propres et les différences de prix lors des tours de financement pré-IPO impliquant des investisseurs tels que L'Oréal et Carlyle Group.
La valorisation de l'offre sera étroitement comparée à celle de ses pairs cotés Proya et SEMg, fournissant une référence clé pour le secteur. La première journée de cotation à la Bourse de Hong Kong rendra le premier verdict sur la confiance des investisseurs dans la capacité de Chando à diversifier son portefeuille de marques et à abandonner un modèle de croissance axé sur le marketing.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.