L'approbation conditionnelle par la Chine de la participation de Tencent dans Ximalaya signale que la campagne réglementaire de Pékin contre ses géants de la tech passe d'une phase de sanction à une surveillance encadrée.
L'approbation conditionnelle par la Chine de la participation de Tencent dans Ximalaya signale que la campagne réglementaire de Pékin contre ses géants de la tech passe d'une phase de sanction à une surveillance encadrée.

Le régulateur chinois des marchés a approuvé sous conditions, le 12 mai, l'acquisition par Tencent Holdings Ltd. d'une participation dans le géant du podcast Ximalaya, tout en imposant des conditions strictes visant à préserver la concurrence sur les vastes marchés de l'audio et de la musique en ligne du pays.
« Ce n'est pas un feu vert, c'est un feu jaune géré », a déclaré Li Mei, analyste tech au cabinet de recherche Analytica China basé à Pékin. « Le régulateur trace des lignes rouges claires concernant l'exclusivité des contenus et le pouvoir de fixation des prix, empêchant de fait Tencent de créer un écosystème audio fermé. »
Les quatre principaux engagements restrictifs exigent que Tencent, Ximalaya et l'entité issue de la fusion mettent fin aux accords de licence de contenu exclusifs existants dans un délai spécifié et leur interdisent d'en conclure de nouveaux. Les entreprises ont également l'interdiction d'augmenter les prix des services, de réduire la qualité du service ou de diminuer la proportion de contenu gratuit disponible sur leurs plateformes.
Cette décision souligne l'effort continu de Pékin pour équilibrer innovation et contrôle, un dilemme pour un gouvernement qui souhaite des champions technologiques compétitifs au niveau mondial sans leur permettre d'étouffer leurs rivaux plus petits. Pour Tencent, la décision limite sa capacité à s'appuyer sur son vaste empire musical et médiatique pour dominer le marché florissant des podcasts et des livres audio, estimé à plus de 15 milliards de dollars par an.
### Fin de la concurrence de type « involution »
Dans son annonce, l'Administration d'État pour la régulation du marché (SAMR) a déclaré que cette mesure était cruciale pour prévenir une concurrence de type « involution » et promouvoir le développement sain de l'économie de plateforme. Cela s'inscrit dans le cadre d'une répression réglementaire plus large du secteur technologique chinois qui a débuté fin 2020, ciblant des géants comme Alibaba Group Holding Ltd. et Meituan pour des pratiques monopolistiques.
L'action actuelle contre Tencent s'inscrit dans la continuité d'une politique de longue date. La loi anti-monopole chinoise, vieille de six ans, a été utilisée contre des entreprises nationales et étrangères, avec des enquêtes passées ciblant Microsoft et Qualcomm, selon un rapport de Reuters. L'objectif, tel qu'énoncé par la NDRC, un autre régulateur, est de protéger l'ordre du marché et la concurrence loyale.
L'accent mis par la SAMR sur les licences exclusives est particulièrement significatif. Tencent avait déjà été contraint par le régulateur en 2021 de mettre fin à ses contrats de licence musicale exclusifs, qui avaient aidé sa division Tencent Music Entertainment à dominer l'espace musical en ligne. Les conditions actuelles imposées dans le cadre de l'accord Ximalaya garantissent que la même stratégie ne peut être appliquée sur le marché connexe de l'audio en ligne, qui comprend tout, des podcasts aux livres audio et aux contenus éducatifs. Cela oblige les plateformes à rivaliser sur le service et l'innovation plutôt qu'en verrouillant les créateurs de contenu clés et la propriété intellectuelle.
Cette décision suggère une nouvelle phase dans la régulation technologique en Chine. Alors que l'ère des amendes massives et des introductions en bourse avortées semble s'estomper, les régulateurs s'insèrent désormais plus profondément dans les modèles économiques des grandes plateformes. Ils fixent des limites opérationnelles explicites pour garantir le maintien d'un certain niveau de concurrence, un défi auquel les autorités sont confrontées dans tout le spectre technologique, de l'e-commerce aux drones, comme le note The Economist. Pour les investisseurs, cela signifie que si des opportunités d'acquisition peuvent s'ouvrir, le potentiel de profits monopolistiques synergiques sera sévèrement limité par l'État.
Cet article est destiné à des fins d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.