La Chine renforce son contrôle sur le marché national des dérivés, en introduisant une nouvelle règle qui exige que les sociétés de valeurs mobilières et de contrats à terme détiennent au moins 500 millions de yuans (69 millions de dollars) de capital net pour obtenir une licence de négociation, une mesure qui doit entrer en vigueur le 16 novembre 2026.
Le règlement, intitulé « Mesures pour la supervision et l'administration des transactions sur dérivés », est le premier recueil de règles complet pour le secteur et vise à « promouvoir le développement stable et sain du marché », a déclaré la Commission chinoise de régulation des valeurs mobilières (CSRC) dans un communiqué.
Les règles s'appliquent aux produits de gré à gré (OTC), notamment les swaps, les contrats à terme (forwards) et les options non standardisées. Selon le nouveau cadre, les entreprises qui ne respectent pas le seuil de 500 millions de yuans ne pourront plus accepter de nouvelles affaires, et les positions existantes seront liquidées à l'échéance. La CSRC s'est également réservé le droit d'ajuster le plancher de capital sur la base de « principes de supervision prudentielle ».
La réglementation signale un virage important vers le contrôle des risques et devrait déclencher une consolidation dans le secteur encombré du courtage en Chine. La barre de capital élevée risque d'exclure les petites entreprises de l'activité lucrative des dérivés, ce qui pourrait entraîner une vague de fusions et d'acquisitions alors que les sociétés se précipitent pour respecter la nouvelle norme avant l'échéance de 2026.
Cette dernière mesure fait partie d'une campagne de plusieurs années menée par Pékin pour renforcer la surveillance et réduire le risque systémique au sein de ses marchés de capitaux de 58 billions de yuans. La CSRC a sévi contre les pratiques illégales, infligeant une amende record de 5,67 milliards de yuans pour manipulation de cours en 2018, selon l'agence de presse Xinhua. Le nouveau cadre sur les dérivés suit la mise en œuvre de la loi plus large sur les contrats à terme et les dérivés, consolidant la base juridique d'une supervision plus stricte.
Pour les grandes institutions bien capitalisées, la réglementation présente une opportunité de capter les parts de marché laissées par les petits rivaux sortants. Cependant, la réduction de la concurrence pourrait entraîner des coûts plus élevés pour les utilisateurs finaux qui dépendent des dérivés pour couvrir les risques. La période de transition jusqu'à la fin de 2026 donne au secteur le temps de s'adapter, mais la direction est claire : seules les entreprises les plus solides financièrement seront autorisées à opérer dans le paysage évolutif des dérivés en Chine.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.