Les importations chinoises de gaz naturel liquéfié (GNL) en avril devraient chuter d'environ 30 % par rapport à l'année précédente pour atteindre 3,5 millions de tonnes, le niveau le plus bas en huit ans, alors que la demande s'effondre sous l'effet d'une hausse des prix de 70 % provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Ce net recul, rapporté par Bloomberg citant les données de suivi des navires de Kpler, inclut une chute des réexportations de GNL à zéro en avril. Ce chiffre contraste fortement avec un record précédent de plus de 700 000 tonnes, indiquant que la fenêtre d'arbitrage permettant aux entreprises chinoises de revendre des cargaisons à d'autres parties de l'Asie s'est brutalement fermée.
La baisse d'avril prolonge l'atonie observée dans toute l'Asie en mars, lorsque les importations de GNL du continent ont atteint leur plus bas niveau en sept ans pour ce mois, à 21,12 millions de tonnes, selon un rapport du Forum des pays exportateurs de gaz (GCEF). Cette baisse initiale avait été déclenchée par de graves perturbations de l'approvisionnement après que des frappes de missiles iraniens ont endommagé les infrastructures de GNL au Qatar, entraînant une déclaration de force majeure et bloquant l'approvisionnement transitant par le détroit d'Ormuz.
Le choc durable sur les prix a désormais un impact tangible sur l'économie chinoise, l'activité manufacturière progressant à un rythme plus lent. L'indice officiel des directeurs d'achat (PMI) manufacturier devrait tomber à 50,1 en avril contre 50,4 en mars, selon un sondage Reuters, le conflit faisant grimper les coûts des intrants pour les fabricants.
Avant la flambée des prix, la Chine revendait des volumes records de GNL à des acheteurs en Thaïlande et en Corée du Sud, capitalisant sur sa propre demande tiède et ses stocks abondants. Cependant, la fermeture de facto du détroit d'Ormuz a bloqué l'approvisionnement qatarien et émirati, alors que plus de 80 % du GNL transitant par le détroit était destiné aux marchés asiatiques avant le conflit, a noté le GCEF. Ce resserrement de l'offre a éliminé la rentabilité du commerce de réexportation et impose un réalignement majeur des flux gaziers mondiaux.
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