L'écart croissant entre une demande étrangère robuste et une consommation intérieure atone définit l'économie chinoise, comme le montrent les données commerciales divergentes d'avril.
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L'écart croissant entre une demande étrangère robuste et une consommation intérieure atone définit l'économie chinoise, comme le montrent les données commerciales divergentes d'avril.

La croissance des exportations de la Chine s'est nettement accélérée pour atteindre 7,9 % en avril, dépassant les attentes alors que les entreprises mondiales se sont empressées de constituer des stocks. Dans le même temps, la croissance des importations a ralenti, soulignant une dépendance continue vis-à-vis de la demande extérieure pour compenser la faiblesse du marché intérieur.
« Jusqu'à présent, les exportateurs chinois ont résisté aux retombées du conflit au Moyen-Orient, soutenus par les acheteurs étrangers qui se bousculent pour sécuriser leurs approvisionnements », ont noté les économistes dans un récent sondage Reuters, tout en avertissant que « plus la guerre s'éternise... plus le risque que la demande extérieure s'estompe est grand ».
La hausse de 7,9 % sur un an des exportations libellées en dollars, rapportée samedi, représente un bond significatif par rapport à l'augmentation de 2,5 % en mars. En revanche, les importations ont augmenté de 20,6 % en yuans, un ralentissement par rapport au rythme de 23,8 % enregistré un mois plus tôt. Cette divergence devrait porter l'excédent commercial de la Chine à 83,3 milliards de dollars, contre 51,13 milliards de dollars en mars.
Ces données présentent un tableau complexe pour Pékin. Si la vigueur des exportations a aidé la croissance du PIB au premier trimestre à atteindre 5 %, le ralentissement de la croissance des importations renforce les inquiétudes concernant la morosité de la consommation intérieure, ce qui pourrait peser sur les prix mondiaux des matières premières et affecter les multinationales dépendantes des dépenses des consommateurs chinois.
L'augmentation des expéditions vers l'étranger a été portée par les entreprises sécurisant leurs fournitures et composants de fabrication en provenance de Chine. Ce stockage intervient dans un contexte de crainte que le conflit en cours au Moyen-Orient n'entraîne une hausse des coûts mondiaux de l'énergie et du transport, perturbant les chaînes d'approvisionnement. Les données sur l'activité manufacturière d'avril le confirment, montrant que les nouvelles commandes à l'exportation ont grimpé à leur plus haut niveau en deux ans.
Indicateur avancé de l'activité industrielle chinoise, les exportations de la Corée du Sud vers la Chine ont donné un signal clair de cette tendance, bondissant de 63 % le mois dernier, portées par une forte demande de semi-conducteurs. Cela indique des achats robustes pour la production, plutôt que pour la consommation finale.
La modération de la croissance des importations souligne toutefois le défi persistant de la faible confiance des consommateurs et d'un secteur immobilier en difficulté. Bien que l'économie chinoise atteigne ses objectifs globaux de croissance, les indicateurs sous-jacents tels que la croissance des ventes au détail et le chômage continuent de traîner derrière la production industrielle, créant une reprise déséquilibrée.
Cette dynamique sera au cœur de l'attention des marchés mondiaux et des décideurs politiques. Le président américain Donald Trump est attendu en Chine la semaine prochaine pour des entretiens avec le président Xi Jinping, où le déséquilibre commercial et les questions économiques stratégiques figureront en bonne place à l'ordre du jour.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.