L'administration Trump conteste une ordonnance judiciaire qui obligerait le gouvernement à recalculer les remboursements sur des centaines de milliards de dollars de droits de douane que la Cour suprême a déjà jugés illégaux.
Le ministère de la Justice a fait appel vendredi d'une ordonnance du tribunal du commerce américain exigeant des autorités douanières le recalcul des remboursements de taxes à l'importation sur des centaines de milliards de dollars de droits de douane, injectant une incertitude juridique dans un processus de remboursement que la Cour suprême avait déjà mis en branle.
« Le gouvernement conteste l'autorité du tribunal à imposer un recalcul global plutôt que des déterminations au cas par cas », a déclaré le DOJ dans son avis d'appel, selon le dossier déposé.
L'appel cible une décision de la Cour du commerce international des États-Unis qui ordonnait à l'agence des douanes et de la protection des frontières de recalculer tous les droits perçus en vertu de la loi de 1970 sur les pouvoirs d'urgence — des droits de douane que la Cour suprême a annulés comme étant illégaux. Le Bitcoin est resté peu changé, en hausse de 0,1 %, alors que les marchés assimilaient ce développement.
L'enjeu est le retour ordonné de dizaines de milliards de dollars aux importateurs qui ont payé des droits dans le cadre d'un cadre politique commercial que la plus haute juridiction du pays a invalidé. Une bataille juridique prolongée pourrait retarder les remboursements de plusieurs mois, voire années, créant une nouvelle incertitude pour les chaînes d'approvisionnement mondiales déjà confrontées à des barrières commerciales élevées.
Le défi juridique
L'appel, déposé vendredi, conteste la portée de l'ordonnance du tribunal inférieur, qui exigeait un recalcul global plutôt que des demandes de remboursement individuelles. La manœuvre du DOJ pourrait forcer les importateurs à naviguer dans un processus à double voie — poursuivre des réclamations individuelles tandis que le mandat plus large reste paralysé par le contentieux. Les avocats spécialisés en commerce ont indiqué que cette incertitude pourrait inciter certaines entreprises à déprécier la valeur attendue de leurs demandes de remboursement dans leurs prochains dépôts trimestriels.
Précédent historique
La décision de la Cour suprême a marqué la première fois qu'elle annulait le recours par un président aux pouvoirs commerciaux d'urgence, une décision qui a bouleversé un régime tarifaire affectant plus de 300 milliards de dollars d'importations annuelles. La dernière fois qu'un défi juridique similaire a atteint ce stade, dans les années 1970, la résolution a pris plus de deux ans et a permis aux importateurs de récupérer moins de 60 % des droits contestés, selon des analystes en droit commercial. L'affaire actuelle implique un volume monétaire bien plus important, ce qui accroît les enjeux tant pour les importateurs que pour le gouvernement.
La suite des événements
L'appel se dirige désormais vers la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit fédéral, une décision étant attendue dans les mois à venir. Si le gouvernement l'emporte, les importateurs devront déposer des demandes de remboursement individuelles — un processus que les avocats spécialisés en commerce estiment pouvoir prendre des années compte tenu du volume d'expéditions concernées. Si l'ordonnance du tribunal inférieur est confirmée, les douanes devraient traiter les remboursements selon un calendrier qui reste indéfini.
Le paysage commercial plus large reste en mutation. Le droit de douane américain moyen actuel sur les produits chinois s'élève à environ 19,3 % après plusieurs vagues d'escalade depuis 2018, selon l'Institut Peterson pour l'économie internationale. Le commerce bilatéral entre les États-Unis et la Chine a chuté d'environ 15 % par rapport à son pic de 2018, les chaînes d'approvisionnement se déplaçant vers le Vietnam, le Mexique et l'Inde.
Pour les marchés financiers, l'incertitude juridique prolongée pourrait peser sur les secteurs les plus exposés à la volatilité tarifaire, notamment les industrielles, les biens de consommation et les entreprises de matériel technologique ayant d'importantes chaînes d'approvisionnement transfrontalières. Le secteur industriel du S&P 500 a gagné 4,2 % depuis le début de l'année, en retard par rapport à la progression de 7,8 % de l'indice plus large, l'incertitude de la politique commerciale ayant maintenu certains investisseurs à l'écart.
Cette affaire met en évidence les répercussions juridiques durables des politiques commerciales de l'ère Trump, qui ont remodelé le commerce mondial et laissé un enchevêtrement de contestations judiciaires qui continuent de se répercuter dans le système juridique américain.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.