L'électricien français EDF SA a repoussé sa décision concernant la vente d'une participation dans sa filiale italienne Edison SpA, une transaction potentiellement évaluée jusqu'à 10 milliards d'euros (11,6 milliards de dollars), alors que la guerre en Iran perturbe les approvisionnements vitaux en gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar.
« À ce stade, nous continuons d'évaluer toutes les options disponibles, à la lumière notamment des divers développements récents, et surveillons de près les conditions du marché », a déclaré un porte-parole d'EDF.
Ce report, confirmé par quatre sources proches du dossier, fait suite à un quasi-arrêt du transport maritime par le détroit d'Ormuz, qui a bloqué les exportations de GNL du Qatar. Le fournisseur à long terme d'Edison, QatarEnergy, a déclaré la force majeure, et bien qu'Edison ait remplacé les cargaisons jusqu'à la mi-juin, une prolongation de la perturbation est possible. La situation pèse sur la valorisation d'Edison, que des sources avaient précédemment estimée pour Reuters entre 7 et 10 milliards d'euros.
Ce report complique la stratégie d'EDF visant à lever des fonds pour investir dans son parc de réacteurs nucléaires. La décision d'attendre souligne la vulnérabilité des marchés de l'énergie européens aux turbulences géopolitiques au Moyen-Orient, d'autant plus que les exportations de GNL américain ont déjà atteint leurs limites de capacité, offrant peu de soulagement immédiat pour les pertes d'approvisionnement du Qatar.
Revue stratégique en suspens
EDF travaille depuis octobre avec les conseillers Lazard et Intesa Sanpaolo IMI pour évaluer les options stratégiques d'Edison, notamment la vente d'une participation minoritaire à un partenaire financier ou une introduction en bourse (IPO). Une réunion à Paris lundi s'est conclue par un accord pour surveiller le marché pendant plusieurs semaines avant de s'engager sur une voie.
L'impact du conflit sur le transit énergétique est profond. Le blocus du détroit d'Ormuz, un point de passage critique, a étranglé une route énergétique majeure, impactant directement les flux de GNL. Bien qu'Edison ait réussi à remplacer les cargaisons qataries annulées pour la période immédiate, l'éventualité d'une force majeure prolongée de la part de QatarEnergy introduit une incertitude significative sur les bénéfices futurs d'Edison et, par conséquent, sur sa valorisation.
Ce développement intervient après qu'EDF a décidé d'aller de l'avant avec ses projets malgré l'incertitude réglementaire découlant d'un nouveau décret italien visant à réduire les factures d'énergie. Désormais, les retombées géopolitiques de la guerre s'avèrent être un obstacle plus redoutable. Les parties devraient se réunir à nouveau fin mai pour réévaluer la viabilité d'une vente de participation.
Cet article est publié à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.