La zone euro est confrontée à une menace croissante de stagflation : l'inflation d'avril a bondi à 3,0 %, un sommet en sept mois, alors que l'économie du bloc s'est immobilisée avec une croissance de seulement 0,1 % au premier trimestre. Ces données placent la Banque centrale européenne dans une position délicate alors qu'elle pèse sa prochaine décision en mai.
« Les ondes de choc de la guerre en Iran frappent désormais les économies européennes », ont averti les économistes de Berenberg dans une note récente. « Tant que le détroit d'Ormuz restera largement fermé et que l'incertitude continuera de peser sur la confiance, les économies de la zone euro et du Royaume-Uni pourraient subir un épisode de stagflation. »
L'inflation globale, en hausse par rapport aux 2,6 % de mars, a été principalement tirée par une flambée de 10,9 % sur un an des coûts de l'énergie. Toutefois, l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a ralenti de 2,3 % à 2,2 %, ce qui suggère que les pressions sur les prix ne sont pas encore engagées dans une spirale incontrôlée.
Ces données mitigées compliquent la trajectoire de la politique monétaire de la BCE. Bien que la banque centrale soit largement impuissante face aux chocs énergétiques, elle doit agir si les pressions sur les prix créent des effets de second tour. Les investisseurs intègrent désormais rapidement la possibilité d'une hausse des taux lors de la réunion de mai de la BCE pour empêcher l'inflation de s'enraciner.
La décision de relever les taux n'est pas évidente. Un resserrement agressif pour combattre l'inflation pourrait facilement faire basculer une économie déjà fragile dans la récession. Le principal moteur de la crise actuelle — l'envolée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient — échappe à l'influence directe de la politique monétaire, rendant les outils de la BCE moins efficaces.
Les économistes de Berenberg ont noté que si la BCE relevait ses taux en réponse à une poussée inflationniste temporaire, « la zone euro pourrait sombrer dans une petite récession inutile fin 2026 ou début 2027 avant que l'économie ne puisse commencer à se remettre de cette erreur de politique. »
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