Le commentaire d'un haut responsable de la Réserve fédérale selon lequel la banque centrale « surveille de près » la guerre en Iran cristallise les craintes du marché de voir le conflit alimenter l'inflation, poussant les rendements des bons du Trésor à 10 ans au-dessus de 4,3 % et retardant davantage les baisses de taux attendues. Cette déclaration souligne un environnement de stagflation mondiale où les prix du pétrole brut ont bondi de plus de 80 % depuis le début de la crise.
« Nous sommes dans une phase d'observation... la durée du conflit iranien est une incertitude significative », a déclaré mercredi le président de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker. Son commentaire fait écho à l'analyse d'économistes tels que Zhang Ming, directeur adjoint à l'Académie chinoise des sciences sociales, qui a récemment écrit que la crise renforce un passage mondial à la stagflation, marquée par une faible croissance et une inflation élevée, et qu'elle « exercera une influence significative sur la dynamique de prix des divers actifs financiers ».
La réaction du marché a été rapide et généralisée. Depuis le début du conflit, les prix du pétrole brut sont passés d'environ 60 dollars à 110 dollars le baril, et les rendements du Trésor américain à 10 ans ont grimpé de plus de 30 points de base, passant de 4 % à environ 4,3 %. Cette hausse des rendements à long terme est particulièrement notable, car elle suggère que les investisseurs s'interrogent sur le statut de valeur refuge de la dette américaine face aux risques géopolitiques et inflationnistes croissants.
Cela place la Réserve fédérale dans une position difficile. La banque centrale maintient son taux directeur à un sommet de 23 ans, entre 5,25 % et 5,50 %, depuis juillet 2025. Alors que les investisseurs ont commencé l'année 2026 avec optimisme quant à une série de baisses de taux, le choc inflationniste dû à la hausse des prix de l'énergie a repoussé ces attentes, la trajectoire incertaine du conflit étant désormais une variable clé pour la politique monétaire.
Ondes de choc sur l'ensemble des actifs
Ce changement de sentiment marque un revirement brutal par rapport au début de l'année. Comme le note un commentaire du T1 2026 de Carillon Eagle Small Cap Growth Fund, « les investisseurs ont entamé l'année avec optimisme quant aux perspectives économiques, avec une inflation contenue et la perspective d'une Fed américaine plus accommodante ». Cet optimisme s'est depuis évaporé.
La crise iranienne représente un troisième choc majeur du côté de l'offre pour l'économie mondiale, après la pandémie de COVID-19 et la crise ukrainienne. La flambée des prix du pétrole et du gaz naturel se répercute sur les coûts en aval, notamment l'électricité et l'alimentation, amplifiant les inquiétudes inflationnistes. Le gouverneur de la Fed, Alberto Musalem, a récemment noté que les risques s'étaient décisivement « déplacés vers une inflation plus élevée ». Cet environnement a pénalisé les actions, les principaux indices reculant par rapport aux sommets historiques atteints en janvier, alors que les investisseurs soupèsent l'impact de taux élevés durables et de l'incertitude macroéconomique.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.