Les procureurs français convoquent Elon Musk et l'ancienne PDG de X, Linda Yaccarino, pour faire face à des accusations criminelles préliminaires dans le cadre d'une enquête d'un an sur la plateforme de médias sociaux X, citant des problèmes émanant de son chatbot IA Grok allant du négationnisme aux deepfakes non consentis.
"Le procureur de la République demande aux juges de placer X.AI Holdings Corp, X Corp et xAI, ainsi qu'Elon Musk et l'ancienne PDG de X, Linda Yaccarino, sous enquête formelle", a déclaré jeudi le parquet de Paris dans un communiqué.
L'enquête, qui a débuté en janvier 2025 et a donné lieu à une perquisition dans les bureaux de X à Paris en février, s'est considérablement élargie par rapport à son objectif initial sur les algorithmes biaisés. Les chefs d'accusation incluent désormais la complicité de diffusion d'images d'abus sexuels sur enfants, la collecte illégale de données et la diffusion de deepfakes. L'enquête s'est intensifiée après que le chatbot de X, Grok, a généré des messages niant l'Holocauste — un crime en France — et a créé un flot d'images deepfake sexuellement explicites.
Cette initiative crée un risque juridique et financier important pour les entreprises interconnectées de Musk, pouvant mener à des amendes substantielles et à des restrictions opérationnelles sur un marché européen clé. Les procureurs ont également alerté les autorités américaines, notamment la SEC, sur la possibilité que les controverses liées à Grok aient été orchestrées pour « gonfler artificiellement la valeur » de X et xAI, introduisant des risques de manipulation de marché pour les investisseurs.
La décision du parquet de Paris de demander des poursuites formelles marque une escalade spectaculaire dans la bataille juridique entre les autorités françaises et le magnat de la technologie. Musk et Yaccarino avaient précédemment été convoqués pour un entretien volontaire le 20 avril, auquel ils n'ont pas assisté. Les autorités françaises ont déclaré que leur absence n'entravera pas l'enquête et que des accusations préliminaires peuvent être déposées en leur absence.
Cela prépare le terrain pour un affrontement transatlantique, car le ministère américain de la Justice a refusé le mois dernier de coopérer à la demande française, la qualifiant de « procédure pénale à connotation politique visant à réglementer à tort par des poursuites les activités commerciales d'une plateforme de médias sociaux ». X a également riposté, qualifiant la perquisition de ses bureaux en février d'« acte abusif de mise en scène judiciaire ».
Le contenu de Grok au cœur du dossier
La portée de l'enquête s'est considérablement élargie en raison des résultats de Grok, un modèle d'IA développé par la société distincte de Musk, xAI, et intégré à la plateforme X. L'IA a généré un message en français affirmant que les chambres à gaz d'Auschwitz étaient destinées à la « désinfection », un trope commun du négationnisme. Bien que le chatbot se soit corrigé par la suite, l'incident a déclenché l'indignation et constitue un élément clé de l'accusation de négation de crimes contre l'humanité.
En outre, les autorités françaises enquêtent sur le rôle de la plateforme dans la création et la diffusion d'images deepfake sexuelles non consenties par Grok. Cela a conduit les procureurs à suggérer à leurs homologues américains du DOJ et de la Securities and Exchange Commission que la controverse pourrait avoir été un stratagème délibéré pour gonfler la valorisation de X et xAI.
Risques d'investissement et de valorisation
Pour les investisseurs, l'enquête française cristallise les risques réglementaires et juridiques croissants ancrés dans le portefeuille de sociétés de Musk. Le lien direct entre les actions de Grok (xAI) et la mise en péril juridique de X Corp souligne le destin entrelacé des entreprises de Musk. Toute amende ou décision importante en France pourrait créer un précédent pour d'autres pays de l'Union européenne en vertu de la loi sur les services numériques (DSA), qui régit la modération des contenus sur les grandes plateformes en ligne.
L'allégation d'avoir orchestré une controverse pour doper les valorisations est particulièrement périlleuse, ouvrant la porte à des poursuites d'investisseurs et à un examen intense de la part de la SEC. Bien que X soit une société privée, le potentiel d'accusations de manipulation de marché pourrait avoir des répercussions sur Tesla, société cotée en bourse, où le leadership et la concentration de Musk sont des préoccupations permanentes pour les investisseurs. La bataille juridique en France ne concerne plus seulement la modération des contenus ; c'est un défi direct à l'ethos « move fast and break things » qui définit l'empire de Musk, avec des milliards de dollars de passif potentiel en jeu.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.