Une guerre de l'ombre dans le golfe Persique a éclaté au grand jour, révélant des affrontements militaires directs entre l'Iran, le Koweït et l'Arabie saoudite qui menacent de perturber les flux énergétiques mondiaux.
Une guerre de l'ombre dans le golfe Persique a éclaté au grand jour, révélant des affrontements militaires directs entre l'Iran, le Koweït et l'Arabie saoudite qui menacent de perturber les flux énergétiques mondiaux.

La guerre de l'ombre dans le golfe Persique s'est brusquement intensifiée cette semaine, après que le Koweït a annoncé l'arrestation de quatre membres présumés du Corps des gardiens de la révolution iraniens et que des informations ont fait surface concernant des frappes saoudiennes et koweïtiennes contre des milices en Irak. Ces révélations ajoutent une dimension nouvelle et plus directe à un conflit régional qui perturbe les marchés mondiaux de l'énergie.
« Une véritable paix ne peut être construite sur une littérature d'humiliation, de menaces et de règlements de comptes coercitifs », a déclaré mardi Kazem Gharibabadi, un diplomate iranien, sur le réseau social X.
Ces divulgations s'ajoutent aux tensions qui ont paralysé le transport maritime dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour environ 20 % du pétrole mondial, contribuant à une crise énergétique globale. Le Programme des Nations unies pour le développement estime que le conflit élargi « pourrait coûter aux économies de la région de 3,7 à 6,0 % de leur produit intérieur brut (PIB) collectif ».
La confirmation publique d'une action militaire directe d'État à État fait passer le conflit régional au-delà de la guerre par procuration, augmentant le risque d'une confrontation plus large. Cela pourrait forcer les États du Conseil de coopération du Golfe à détourner des milliers de milliards de dollars d'investissements mondiaux prévus vers la défense nationale et la reconstruction, selon une analyse d'Oilprice.com.
La tempête diplomatique a éclaté mardi lorsque le ministère de l'Intérieur du Koweït a accusé le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'avoir tenté de s'infiltrer sur l'île de Bubiyan le 1er mai. L'île abrite le port de Mubarak Al Kabeer, un projet d'infrastructure majeur construit avec des investissements chinois.
Selon le Koweït, quatre Iraniens ont été capturés après un échange de tirs avec les garnisons de l'île qui a fait un blessé parmi les soldats koweïtiens. Les détenus — identifiés par les médias koweïtiens comme deux officiers de marine, un capitaine de marine et un sous-lieutenant de l'armée — auraient avoué être en mission hostile.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répliqué mercredi, affirmant que le Koweït avait attaqué « illégalement » un navire iranien dont l'équipage effectuait une patrouille de routine et s'était égaré dans les eaux koweïtiennes en raison d'une défaillance du système de navigation. Téhéran a exigé la libération immédiate de ses quatre citoyens. La Ligue arabe a publié une déclaration soutenant le Koweït, qualifiant l'incident de « violation grave du droit international ».
Ajoutant aux tensions, des rapports médiatiques citant mercredi des responsables irakiens et occidentaux ont révélé que l'Arabie saoudite et le Koweït avaient tous deux mené des frappes militaires contre des milices pro-iraniennes en Irak au cours de la guerre récente.
Des avions de guerre saoudiens auraient frappé des bases près de la frontière irako-saoudienne qui avaient été utilisées pour lancer des attaques de drones et de missiles contre les États du Golfe. Par ailleurs, au moins deux salves de roquettes auraient été tirées depuis le territoire koweïtien vers le sud de l'Irak, détruisant une installation de communication et de drones appartenant à la milice Kataib Hezbollah et causant plusieurs décès.
Ces opérations auparavant clandestines montrent une volonté des États du Golfe de frapper directement les groupes soutenus par l'Iran, une escalade significative par rapport aux conflits par procuration passés. Les frappes ont été provoquées par des attaques persistantes de drones et de roquettes depuis l'Irak, notamment un assaut contre le consulat du Koweït à Bassora le 7 avril.
L'élargissement du conflit a également accéléré un réalignement stratégique dans la région. Des responsables américains et israéliens ont confirmé pour la première fois qu'Israël avait déployé son système de défense aérienne Iron Dome aux Émirats arabes unis.
Le déploiement, qui a aidé les Émirats arabes unis à intercepter des missiles iraniens pendant le conflit, a été révélé par l'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee. La nouvelle est tombée alors que le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu confirmait qu'il avait effectué une visite secrète aux Émirats arabes unis pendant les opérations militaires anti-iraniennes pour rencontrer le président Cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.