La Commission permanente des finances de l'Inde a convoqué une réunion avec des représentants des plateformes d'échange de cryptomonnaies Binance, WazirX et ZebPay le 20 mai, une initiative qui pourrait signaler un changement décisif dans l'approche du pays vis-à-vis de la réglementation des actifs numériques après des années d'incertitude.
La réunion, tenue à l'annexe de la Parliament House à New Delhi, est perçue par l'industrie comme le signe le plus clair à ce jour que les législateurs indiens pourraient s'orienter vers la création d'un cadre juridique structuré pour les cryptomonnaies, plutôt que de s'appuyer sur le régime fiscal et de conformité punitif actuel. Depuis des années, l'industrie locale est prise entre une demande massive des particuliers et un manque de directives réglementaires claires.
Les législateurs recueillent les commentaires du secteur sur le trading de cryptomonnaies, l'impact de la taxe de 30 % sur les cryptomonnaies du pays et de la taxe de 1 % déduite à la source (TDS), ainsi que sur des règles plus larges de protection des investisseurs, selon un avis officiel. La session a été suivie de discussions distinctes avec des responsables de l'International Financial Services Centres Authority (IFSCA) et du ministère des Finances, ce qui suggère qu'un examen complet est en cours.
L'issue de ces discussions pourrait être capitale. Un cadre réglementaire clair pourrait aider à inverser la fuite des volumes de transactions vers les plateformes offshore et positionner l'Inde comme un acteur clé de l'économie des actifs numériques. À l'inverse, maintenir le statu quo ou imposer de nouvelles restrictions pourrait continuer à étouffer la croissance et l'innovation dans le pays.
De l'interdiction bancaire au régime fiscal
La relation de l'Inde avec les cryptomonnaies a été turbulente. En 2018, la Reserve Bank of India (RBI) a de fait interdit aux banques de servir les entreprises liées aux cryptomonnaies, une mesure qui a paralysé les plateformes locales jusqu'à ce qu'elle soit annulée par la Cour suprême en mars 2020.
Le paysage réglementaire a de nouveau changé en 2022 lorsque le gouvernement a introduit un régime fiscal formel pour les actifs numériques virtuels (VDA). Cela comprenait une taxe forfaitaire de 30 % sur tous les bénéfices liés aux cryptomonnaies et une TDS de 1 % sur les transactions, ce qui a gravement affecté la liquidité sur les plateformes nationales.
D'ici 2023, tous les fournisseurs de services d'actifs virtuels (VASP) ont été placés sous la loi sur la prévention du blanchiment d'argent (PMLA), les obligeant à s'enregistrer auprès de la Financial Intelligence Unit (FIU-IND) et à mettre en œuvre des systèmes stricts de KYC et de déclaration des transactions. Bien que cela ait créé un cadre axé sur la conformité, cela n'a pas été jusqu'à fournir un système complet de réglementation et de licences pour l'industrie, laissant des domaines comme la DeFi et les NFT dans une zone grise. Cette dernière réunion suggère que les décideurs politiques envisagent maintenant l'étape suivante au-delà de la fiscalité et de la conformité AML.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.