Les ambitions d’Intel dans la fonderie gagnent du terrain : Tesla est confirmé comme premier client pour le procédé 14A, tandis qu'Apple et Google évalueraient ses technologies de fabrication et de packaging avancées.
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Les ambitions d’Intel dans la fonderie gagnent du terrain : Tesla est confirmé comme premier client pour le procédé 14A, tandis qu'Apple et Google évalueraient ses technologies de fabrication et de packaging avancées.

Intel Corp. orchestre un retour sur plusieurs fronts dans la course à la fabrication de semi-conducteurs de pointe, en concluant un accord historique avec Tesla Inc. pour son futur nœud de gravure 14A et en suscitant l'intérêt exploratoire d'Apple Inc. et de Google (Alphabet Inc.). Cette série de victoires constitue la validation la plus claire à ce jour de la stratégie de redressement audacieuse d'Intel pour défier la domination de TSMC et de Samsung Electronics. "Elon et moi partageons la conviction profonde que l'offre mondiale de semi-conducteurs ne suit pas le rythme de l'accélération rapide de la demande", a déclaré le PDG d'Intel, Lip-Bu Tan, lors de la récente conférence téléphonique sur les résultats de l'entreprise. "Nous sommes ravis d'explorer des moyens innovants de refondre la technologie des procédés de fabrication du silicium, en cherchant des méthodes non conventionnelles pour améliorer l'efficacité de la production, ce qui mènera à terme à une amélioration dynamique de l'économie de la fabrication de semi-conducteurs." Le développement le plus concret est le projet de Tesla d'utiliser le procédé 14A d'Intel (classe 1,4 nanomètre) pour produire des puces pour son projet d'IA TeraFab au Texas, ce qui en fait le premier client externe pour ce nœud. Par ailleurs, des rapports du Commercial Times et de TrendForce suggèrent que Google évalue le packaging EMIB (Embedded Multi-Interconnect Bridge) d'Intel pour ses accélérateurs d'IA TPUv8e, prévus vers 2027, tandis qu'Apple évalue le nœud 18A-P pour ses futures puces de la série M. Ces mouvements pourraient marquer un tournant décisif sur un marché de la fonderie où TSMC détient une part proche de 70 %, laissant les rivaux se disputer le reste. Pour les géants du cloud comme Google et Apple, qui dépendent actuellement fortement de TSMC, diversifier leur chaîne d'approvisionnement avec une alternative basée aux États-Unis offre une protection contre les risques géopolitiques et les contraintes de capacité. L'action Intel a bondi de près de 24 % pour atteindre un record de 82,57 $ après la confirmation du partenariat avec Tesla. ### L'accord 14A de Tesla met la feuille de route d'Intel à l'épreuve Sécuriser la TeraFab de Tesla est un point de preuve critique pour Intel Foundry, une activité qui continue de fonctionner à perte, affichant une marge opérationnelle de -45 % au premier trimestre 2026. Alors que les pertes de la division se réduisent, l'accord avec Tesla fournit un soutien externe indispensable à sa feuille de route technologique au-delà de sa propre production de puces. Le procédé 14A est le successeur du 18A, un nœud qui, selon l'entreprise, est en avance sur le calendrier en termes d'amélioration des rendements. Décrocher un client de prestige comme Tesla pour un futur nœud signale une confiance croissante dans la capacité d'Intel à exécuter son plan ambitieux de livrer cinq nœuds de gravure en quatre ans. Le partenariat va au-delà d'une simple relation de fonderie, Tan évoquant une large collaboration pour repenser l'efficacité de la fabrication. ### Google et Apple explorent des alternatives à TSMC Bien que non confirmé, l'intérêt rapporté de Google et d'Apple souligne une préoccupation croissante dans l'industrie : la concentration de la chaîne d'approvisionnement. Les puces TPU actuelles de Google dépendent du packaging CoWoS de TSMC, une technologie confrontée à des goulots d'étranglement persistants alors que la demande de matériel d'IA explose. L'EMIB d'Intel offre une approche différente, potentiellement plus flexible, pour combiner plusieurs chiplets en un seul processeur puissant. Selon les rapports, le futur TPUv8e de Google utiliserait une puce de calcul conçue par Google, des E/S de MediaTek et le packaging EMIB d'Intel. Cette approche collaborative multi-fournisseurs devient plus courante à l'ère de l'IA, car la conception et la fabrication de puces monolithiques deviennent prohibitvement complexes et coûteuses. Pour Apple, évaluer le nœud 18A-P pour ses processeurs de la série M représente une diversification potentielle à long terme pour s'éloigner de sa dépendance exclusive envers TSMC. ### La course à la fonderie s'intensifie alors que Samsung trébuche L'élan d'Intel intervient alors que son principal rival pour la deuxième place de fondeur, Samsung, fait face à des défis. Le géant sud-coréen a retardé la production de masse sur son procédé 1,4 nm jusqu'en 2029, et sa nouvelle usine de 370 milliards de dollars à Taylor, au Texas, a pris près de deux ans de retard sur son objectif initial de 2024. Cette dynamique crée une relation complexe avec des clients comme Tesla. Alors que Musk s'associe à Intel pour la TeraFab de nouvelle génération, il a également confirmé que Samsung produira une puce de conduite autonome AI4+ améliorée et détient le contrat exclusif pour la puce AI6 à partir de 2027. Cela montre que les grands acheteurs de puces poursuivent une stratégie multi-fonderies, mettant les fabricants en concurrence sur la technologie, le prix et l'exécution. Pour les investisseurs, les récentes victoires d'Intel sont une étape significative, mais la fonderie doit encore prouver qu'elle peut livrer ces nœuds avancés en volume et transformer ses investissements de plusieurs milliards de dollars en profits. Cet article est à but informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.