L'Iran a activé ses systèmes de défense aérienne au-dessus de Téhéran tard jeudi, selon les médias d'État, alors que les États-Unis envisagent une action militaire nettement plus forte si la République islamique rejette une nouvelle proposition pour mettre fin au conflit. Cette initiative, qui intervient 63 jours après le début d'une guerre qui a impliqué Israël et perturbé les marchés mondiaux, a fait bondir le baril de Brent de plus de 7 %, atteignant 126 dollars, un sommet en quatre ans.
"S'ils n'acceptent pas, les bombardements commencent", a déclaré mercredi le président américain Donald Trump, accentuant la pression sur Téhéran pour qu'il accepte un accord prévoyant une levée des sanctions en échange d'un arrêt des opérations militaires. "Ce sera, malheureusement, à un niveau et une intensité bien plus élevés qu'auparavant."
L'activation défensive fait suite à des révélations selon lesquelles les frappes iraniennes ont infligé plus de dommages aux actifs militaires américains que ce qui avait été initialement divulgué. Une enquête du Washington Post basée sur des images satellites a révélé qu'au moins 228 structures ou équipements ont été endommagés ou détruits sur 15 sites américains au Moyen-Orient. Le fragile cessez-le-feu qui tenait depuis le 8 avril semble désormais au point de rupture, la stabilité économique mondiale étant en jeu.
L'enjeu est le passage par le détroit d'Ormuz, une voie navigable qui gère plus de 20 % du commerce mondial de pétrole et que l'Iran a effectivement fermée. Les États-Unis ont suspendu leur "Projet Liberté" d'escorte des navires, et l'Iran a établi une nouvelle autorité pour contrôler le transit, des mesures qui, selon le chef de l'ONU, "étranglent l'économie mondiale".
Un cessez-le-feu fragile sous pression
Bien qu'un cessez-le-feu ait largement tenu depuis le 8 avril, les efforts diplomatiques pour garantir une paix durable restent précaires. La dernière proposition américaine inclurait apparemment une levée des sanctions et le dégel des avoirs iraniens en échange d'un moratoire sur l'enrichissement d'uranium et de la réouverture du détroit d'Ormuz. Le Pakistan, qui a assuré la médiation des pourparlers, a déclaré s'attendre à un accord "le plus tôt possible", mais les alliés régionaux sont de plus en plus anxieux.
Les Émirats arabes unis ont exhorté leurs citoyens à quitter l'Iran, le Liban et l'Irak, tandis que l'Arabie saoudite aurait refusé une demande américaine d'utiliser une base pour des opérations, craignant des représailles. La tension est palpable, le président iranien Masoud Pezeshkian qualifiant le siège naval américain des ports de son pays d'extension "intolérable" des opérations militaires.
La fermeture du détroit d'Ormuz ébranle l'économie
L'impact économique le plus significatif du conflit découle de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Iran a créé une "Autorité du détroit du golfe Persique" pour contrôler le transit et percevoir des péages, une initiative qui, selon les experts maritimes, viole le droit international. Des centaines de navires marchands restent bloqués dans le golfe Persique, perturbant les chaînes d'approvisionnement mondiales et faisant monter en flèche les prix du carburant.
Le chef de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol, a averti que le monde est "confronté à la plus grande crise énergétique de l'histoire". La pression économique est un élément clé de l'impasse, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, déclarant que les États-Unis avaient subi une "défaite honteuse" et que l'Iran était désormais aux commandes. Cette position de défi intervient alors que l'administration américaine soutient que le compte à rebours de 60 jours pour l'autorisation de guerre du Congrès a été suspendu par le cessez-le-feu, une affirmation contestée au Congrès.
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