L'Iran a officiellement répondu à une proposition américaine en 14 points visant à mettre fin à un conflit qui a ébranlé les marchés mondiaux de l'énergie, en remettant sa réponse par l'intermédiaire de médiateurs pakistanais le 10 mai, selon l'agence de presse officielle IRNA. Cette initiative injecte une nouvelle incertitude dans une situation volatile, alors que les États-Unis attendent des conditions répondant à leurs exigences de concessions nucléaires et de réouverture du détroit d'Ormuz.
« L'objectif est de réaliser les droits du peuple iranien et de défendre les intérêts nationaux avec autorité », a déclaré le président iranien Massoud Pezechkian, présentant les négociations comme une défense des intérêts nationaux plutôt qu'une reddition.
Ce développement diplomatique fait suite à une semaine de frictions militaires accrues. Les États-Unis ont neutralisé deux pétroliers iraniens pour violation présumée de leur blocus, tandis que des attaques de drones, attribuées aux alliés de l'Iran, ont visé un cargo au large du Qatar et ont été repoussées par le Koweït et les Émirats arabes unis. Ces affrontements ont mis à l'épreuve un cessez-le-feu fragile qui a débuté le 8 avril.
Le cœur de l'impasse reste le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, et le stock iranien d'environ 440 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 %. Un rejet des conditions américaines par l'Iran pourrait voir le président Trump mettre à exécution ses menaces de reprise des opérations militaires, tandis qu'un accord pourrait dissiper la prime de risque du conflit, faisant pression sur des prix du pétrole élevés.
Le détroit d'Ormuz, principal point d'achoppement
Bien que le président Trump ait exprimé son optimisme quant à un accord, déclarant aux journalistes qu'« il est très possible que nous parvenions à un accord », les responsables iraniens ont signalé que les principales demandes américaines étaient inacceptables. La proposition américaine, rapportée par Axios et Reuters, exigerait que l'Iran suspende l'enrichissement d'uranium pendant au moins 12 ans et permette la reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz sous 30 jours, en échange de la levée des sanctions et du dégel des avoirs.
Cependant, les responsables iraniens ont déclaré publiquement que leur programme nucléaire n'était pas sur la table dans cette phase de discussions et ont résisté au transfert de leur stock d'uranium enrichi hors du pays. Le contrôle du détroit d'Ormuz a également été décrit comme une « ligne rouge ». Un député iranien, Ebrahim Rezaei, a rejeté les conditions américaines rapportées comme étant « plus une liste de souhaits américaine qu'une réalité ».
Un cessez-le-feu fragile
La diplomatie de coulisses se déroule sur fond de conflit de faible intensité persistant. Les récentes frappes de drones dans le Golfe ont mis sous pression la trêve d'un mois, bien qu'elles n'aient fait aucune victime. Les Émirats arabes unis ont déclaré que leurs systèmes de défense aérienne avaient intercepté avec succès deux drones lancés depuis l'Iran, une accusation directe que Téhéran avait précédemment niée.
Le Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, a été actif dans la médiation, exhortant le ministre des Affaires étrangères de l'Iran sur le fait que l'utilisation du détroit d'Ormuz comme « monnaie d'échange » ne ferait qu'approfondir la crise. Bien que le contenu de la réponse de l'Iran reste inconnu, sa remise marque une étape cruciale. La dernière fois qu'un cadre de négociation multipoints similaire a été tenté en 2015, il a finalement abouti à l'accord nucléaire JCPOA, qui a permis plusieurs années d'allégement des sanctions et de stabilité du marché avant son effondrement.
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