Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran a averti jeudi qu'il avait verrouillé des missiles et des drones sur des cibles américaines, menaçant d'une réponse « féroce » à toute agression contre ses navires, alors qu'un blocus naval américain de plus de 70 pétroliers resserre son emprise sur les ports du pays.
« Le régime est dirigé par le CGRI, qui tente effectivement de prendre en otage l'ensemble de l'économie mondiale », a déclaré cette semaine le général Dan Caine, chef d'état-major des armées, soulignant le rôle dominant du groupe militaire dans la prise de décision à Téhéran.
Cet avertissement intervient alors que le Commandement central des États-Unis confirme que ses forces empêchent plus de 70 pétroliers commerciaux d'entrer ou de sortir des ports iraniens, bloquant environ 166 millions de barils de pétrole d'une valeur de plus de 13 milliards de dollars. Les États-Unis disposent d'environ 15 000 soldats dans la région pour faire respecter le blocus, qui a débuté le 13 avril.
L'escalade fait peser un risque immédiat sur l'approvisionnement mondial en pétrole, car près d'un cinquième des exportations énergétiques mondiales transitent par le détroit d'Ormuz, situé à proximité. La dernière confrontation majeure dans le détroit en 2019 avait provoqué une hausse temporaire de 14 % des prix du brut Brent, et les traders intègrent désormais une prime de risque significative pour les expéditions au Moyen-Orient.
Une région sous tension
L'avertissement de la marine du CGRI a été diffusé via les réseaux sociaux, affirmant que toute violation contre ses pétroliers ferait l'objet de frappes. La force aérospatiale du CGRI a suivi, confirmant que ses forces étaient « en attente de l'ordre de tirer ». Cette menace directe fait suite à une série d'escarmouches récentes qui ont mis à l'épreuve un cessez-le-feu fragile. La semaine dernière, les forces américaines ont immobilisé trois pétroliers liés à l'Iran qui tentaient de forcer le blocus en tirant dans leurs cheminées et leurs gouvernails.
Téhéran a également montré sa volonté de cibler des navires d'autres nations, attaquant un pétrolier appartenant à la Chine lundi et saisissant vendredi un navire battant pavillon de la Barbade, sous sanction américaine, transportant du pétrole iranien. Cette agression a suscité la condamnation des États du Conseil de coopération du Golfe et des dirigeants européens.
Manœuvres américaines et défi iranien
Le blocus est la dernière étape d'un conflit de représailles au cours duquel l'Iran a effectivement pris le contrôle du détroit d'Ormuz en réponse à de précédentes frappes américano-israéliennes. En réponse, les États-Unis ont brièvement lancé le « Projet Liberté » pour escorter les navires commerciaux, une opération que le président Trump a suspendue après des demandes de partenaires régionaux, dont l'Arabie saoudite.
Malgré cette pause, le chef du Commandement central américain, l'amiral Brad Cooper, a affirmé que le blocus restait pleinement en vigueur. L'impasse reflète une lutte de pouvoir profonde au sein de l'Iran, où les factions militaires partisanes de la ligne dure comme le CGRI bénéficient de la ferveur nationaliste du conflit, compliquant les efforts diplomatiques des élites politiques iraniennes. Un homme politique iranien conservateur a averti cette semaine que les bases militaires européennes pourraient devenir des « cibles légitimes et légales ».
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