L'acquisition d'une start-up américaine de missiles par Kongsberg Gruppen illustre le pari selon lequel les munitions à bas coût et produisibles en masse définiront la prochaine phase des dépenses de défense occidentales.
Le groupe norvégien de défense et de technologie Kongsberg (KOG.OL) a finalisé mercredi l'acquisition de l'américain Zone 5 Technologies, un développeur de systèmes de missiles à bas coût et produisibles en masse, lié aux efforts de l'US Air Force pour déployer des munitions de masse abordables, alors que les armées occidentales s'efforcent de reconstituer leurs arsenaux épuisés.
« Les conflits récents ont démontré le rôle crucial des capacités de défense à haut volume. C'est exactement ce dont l'Europe a besoin », a déclaré le directeur général de Kongsberg, Eirik Lie, dans un communiqué.
Zone 5, qui fonctionnera comme une filiale indépendante, a participé à des programmes américains, notamment l'initiative Extended Range Attack Munition et les efforts connexes visant à accélérer la production de systèmes de frappe et de défense aérienne à moindre coût. Les conditions financières de la transaction, convenue fin 2025, n'ont pas été divulguées.
Cette opération intervient alors que Kongsberg se fixe des objectifs de croissance ambitieux. Le groupe vise un chiffre d'affaires de 100 milliards de NOK (9,4 milliards de dollars) d'ici 2029, contre 33 milliards de NOK en 2025, et de 150 milliards de NOK d'ici 2033, selon un communiqué de presse publié lors de sa journée des investisseurs mercredi. La société vise une marge opérationnelle supérieure à 16 %. Le carnet de commandes s'élevait à 152 milliards de NOK à la fin du premier trimestre.
Kongsberg a cité l'incertitude géopolitique accrue, la hausse des budgets de défense et les avancées technologiques comme moteurs de la demande soutenue pour les systèmes de défense aérienne, les missiles et les stations d'armes téléopérées. Le groupe a également identifié des opportunités de croissance dans des domaines émergents tels que les opérations sous-marines et les technologies spatiales.
Cette acquisition positionne Kongsberg plus profondément dans la chaîne d'approvisionnement de la défense américaine à un moment où le Pentagone privilégie le volume à la sophistication dans certaines catégories de munitions. La poussée de l'US Air Force en faveur de munitions de masse abordables — des alternatives moins chères et produisibles en masse aux armes de précision — a ouvert un nouveau front concurrentiel parmi les contractors de la défense.
L'action Kongsberg s'échangeait à 313,80 couronnes norvégiennes mercredi, en baisse de 0,82 % sur la séance, mais a gagné 21,35 % depuis le début de l'année, reflétant la confiance des investisseurs dans la stratégie d'expansion du groupe.
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