MSCI a maintenu la Corée du Sud dans sa classification de marché émergent pour 2026, rejetant la demande de Séoul d'obtenir le statut de marché développé.
MSCI a maintenu la Corée du Sud dans sa classification de marché émergent pour 2026, rejetant la demande de Séoul d'obtenir le statut de marché développé.

MSCI a refusé d'accorder à la Corée du Sud le statut de marché développé dans le cadre de son examen de la classification des marchés pour 2026, citant des préoccupations persistantes concernant l'accessibilité du marché et les restrictions applicables aux investisseurs étrangers qui ont maintenu la quatrième économie d'Asie dans la catégorie des marchés émergents.
« MSCI a pris note des mesures de réforme annoncées par les autorités de régulation sud-coréennes, mais a déterminé que les problèmes fondamentaux n'ont pas été entièrement résolus », a déclaré le fournisseur d'indices dans son examen du 23 juin, selon les médias d'État chinois.
Cette décision maintient la Corée du Sud dans la même catégorie de marchés émergents que la Chine, l'Inde et le Brésil, tandis que des pairs asiatiques plus petits comme Taïwan ont déjà obtenu le statut de marché développé auprès d'autres fournisseurs d'indices. Ce refus de reclassement intervient malgré une série d'annonces de réformes par les autorités de régulation sud-coréennes visant à améliorer l'accessibilité du marché et les normes de gouvernance d'entreprise.
L'absence de reclassement signifie que les actions sud-coréennes continueront de manquer les flux passifs provenant des fonds axés sur les marchés développés, qui suivent un ensemble considérablement plus vaste d'actifs mondiaux. Les fonds indiciels de marchés émergents alignés sur les indices MSCI maintiendront leur pondération actuelle de la Corée du Sud, au lieu de basculer vers un cadre de marché développé qui aurait ouvert le pays à un éventail plus large de mandats institutionnels. Cette décision soulève également des questions sur le rythme et la crédibilité des réformes du marché des capitaux en Corée du Sud, le prochain examen MSCI étant attendu en 2027.
Les efforts de réforme insuffisants face aux seuils de MSCI
La candidature de la Corée du Sud pour une reconnaissance en tant que marché développé est un effort pluriannuel qui s'étend sur plus d'une décennie. Le pays a pour la première fois sollicité ce reclassement en 2008, mais a retiré sa demande en 2014, invoquant des progrès insuffisants. Séoul a relancé ses efforts en 2022 avec une série de réformes du marché des capitaux, notamment l'extension des heures de négociation et l'assouplissement des règles de vente à découvert.
La Commission des services financiers a depuis mis en œuvre des mesures visant à améliorer l'accès des investisseurs étrangers, notamment un système centralisé de divulgation et des processus d'enregistrement simplifiés. Cependant, MSCI a signalé des préoccupations persistantes concernant l'utilisation obligatoire des numéros d'identification nationaux pour les transactions et les restrictions sur la vente à découvert, qui restent plus strictes que celles en vigueur sur les marchés développés.
La Bourse de Corée a également cherché à améliorer les normes de gouvernance d'entreprise, en introduisant un code de gérance fondé sur le principe « se conformer ou s'expliquer ». Mais les préoccupations en matière de gouvernance au sein des grands conglomérats familiaux, connus sous le nom de chaebols, continuent de peser sur l'évaluation, les structures opaques de participations croisées restant un point de blocage majeur.
Contexte régional élargi
La décision concernant la Corée du Sud intervient parallèlement à l'examen par MSCI d'autres marchés asiatiques confrontés à des défis de classification. Le fournisseur d'indices a prolongé son examen du statut du marché indonésien jusqu'en novembre, signalant un possible déclassement de la catégorie émergente à la catégorie frontière. L'indice boursier de Jakarta a chuté de près de 30 % cette année, et un déclassement pourrait déclencher jusqu'à 13 milliards de dollars de sorties de capitaux des actions indonésiennes, selon Goldman Sachs.
MSCI a également signalé des préoccupations concernant l'opacité persistante des structures d'actionnariat et les comportements de négociation coordonnés présumés en Indonésie, des problèmes qui reflètent certains des défis de gouvernance auxquels la Corée du Sud est confrontée, bien qu'à un degré moindre.
Les enjeux
Pour les décideurs politiques coréens, l'horloge tourne désormais vers le prochain cycle d'examen. Le gouvernement a signalé son intention de poursuivre les réformes supplémentaires pour répondre aux préoccupations de MSCI, y compris une refonte potentielle du système d'enregistrement des investisseurs étrangers et une libéralisation accrue du marché des changes. L'incapacité à obtenir un reclassement lors d'un examen futur pourrait prolonger ce que les analystes décrivent comme une décote structurelle pour les actions coréennes, dissuadant les investissements étrangers nécessaires pour soutenir la valorisation du KOSPI par rapport à ses pairs régionaux comme Taïwan et Singapour.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.