(P1) Les prix du pétrole se sont maintenus près de 108 $ le baril lundi, le marché évaluant un nouveau plan américain visant à escorter les navires bloqués par le conflit dans le détroit d'Ormuz par rapport au risque géopolitique persistant, alors qu'un pétrolier aurait été frappé par des projectiles dans la voie navigable.
(P2) « Les étrangers qui viennent de milliers de kilomètres... n'ont pas leur place ici, sauf au fond de ses eaux », a déclaré le guide suprême Mojtaba Khamenei dans un message écrit, réaffirmant l'intention de l'Iran de maintenir son emprise sur ce canal critique.
(P3) Le brut Brent a peu changé autour de 108 $ le baril après avoir chuté jusqu'à 2,4 % plus tôt, tandis que le West Texas Intermediate se négociait sous les 102 $. Cette réaction sourde est intervenue alors que les contrats à terme sur actions américaines étaient mitigés, le S&P 500 étant stable tandis que le Dow Jones perdait 0,2 %. L'UK Maritime Trade Operations a rapporté qu'un pétrolier avait été touché par des projectiles à 78 milles nautiques au nord de Fujairah, aux Émirats arabes unis, soulignant les dangers persistants.
(P4) L'impasse menace de lourdes conséquences économiques mondiales, car la fermeture continue du détroit d'Ormuz coupe 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. La perturbation, qui a débuté avec les frappes américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février, a déjà fait grimper les prix de l'énergie, alimentant l'inflation mondiale et incitant le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à avertir que des dizaines de millions de personnes pourraient sombrer dans la pauvreté si l'artère reste bloquée.
Le « Projet Liberté » suscite le scepticisme
Le président Donald Trump a annoncé la nouvelle initiative, baptisée « Projet Liberté », dans un message publié dimanche, affirmant que les États-Unis aideraient les navires et les équipages des pays non impliqués à quitter la région en toute sécurité à partir de lundi. Cependant, le plan a été accueilli avec doute par les traders, qui ont remis en question son efficacité sans une résolution diplomatique ou militaire plus large.
Washington a poussé ses alliés à former un « Maritime Freedom Construct », une coalition pour restaurer la liberté de navigation. Selon un télégramme du département d'État, le groupe partagerait des informations et coordonnerait ses efforts diplomatiques. Cependant, des partenaires comme la France et la Grande-Bretagne ont indiqué qu'ils ne seraient prêts à participer qu'une fois les hostilités terminées. L'armée américaine a dépensé 25 milliards de dollars dans le conflit jusqu'à présent, selon un haut responsable du Pentagone.
Impasse diplomatique et pression économique
Le bras de fer militaire persiste malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril. Les États-Unis utilisent un blocus naval et des sanctions économiques pour couper les exportations de pétrole de l'Iran, son poumon économique. Le département du Trésor a récemment sanctionné 35 entités impliquées dans le réseau de « banque de l'ombre » de l'Iran et une raffinerie chinoise pour avoir acheté du pétrole iranien.
Ces mesures ont infligé un lourd tribut à l'économie iranienne, sa monnaie atteignant un plus bas historique et l'inflation grimpant à 65,8 %, selon la banque centrale. En réponse, Téhéran a menacé de mener des « frappes longues et douloureuses » sur les positions américaines si les attaques reprenaient.
Les efforts de médiation menés par le Pakistan se poursuivent. La dernière proposition de l'Iran mettrait de côté les discussions sur son programme nucléaire jusqu'à ce que le conflit soit officiellement terminé, une condition qui ne répond pas à l'exigence du président Trump d'aborder la question nucléaire dès le départ. Les pourparlers étant au point mort, Trump serait informé des plans de nouvelles frappes militaires pour contraindre l'Iran à revenir à la table des négociations.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.