Le régulateur bancaire canadien a réduit son coussin de fonds propres d'un demi-point de pourcentage, libérant 74 milliards de dollars canadiens pour stimuler les prêts alors que l'économie fait face à un risque de récession.
Le régulateur bancaire canadien a abaissé le coussin de stabilité intérieure pour les six plus grandes banques du pays de 3,5 % à 3 %, libérant 74 milliards de dollars canadiens en capital pour soutenir les prêts alors que l'économie se contracte.
"En abaissant à la fois le niveau et le plafond de la fourchette du coussin de stabilité intérieure, l'OSFI permettra au secteur bancaire de déployer son excédent de capital pour soutenir l'adaptation économique du Canada aux nouvelles opportunités", a déclaré le surintendant Peter Routledge.
Ce changement, effectif immédiatement, réduit d'un demi-point de pourcentage le ratio de fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) attendu pour les six prêteurs, à 11 %. Les banques — Banque de Montréal, Banque de Nouvelle-Écosse, Banque Canadienne Impériale de Commerce, Banque Nationale du Canada, Banque Royale du Canada et Banque Toronto-Dominion — affichaient des ratios CET1 allant de 13 % à 14,3 % à la fin avril, bien au-dessus du nouveau minimum. Le régulateur a également abaissé le plafond de la fourchette du coussin d'un point de pourcentage complet, à 3 %.
Cette mesure intervient alors que l'économie canadienne s'est contractée de 0,1 % en rythme annualisé au premier trimestre, après une contraction de 1 % au cours des trois derniers mois de 2025, ce qui accroît le risque d'une récession technique. Le gouvernement du Premier ministre Mark Carney cherche à renforcer l'investissement intérieur et à réduire la dépendance envers les États-Unis, soutenu par d'importants projets de développement dans les ressources naturelles, les infrastructures et la défense. Les 74 milliards de dollars canadiens de capital libéré impliquent une marge de manœuvre pour une expansion des actifs pondérés en fonction des risques de 673 milliards de dollars canadiens, offrant ainsi aux banques une capacité significative à accroître leurs prêts.
Ce coussin, introduit en 2018 pour assurer la stabilité systémique, est fixé deux fois par an en fonction de l'endettement des ménages, des déséquilibres d'actifs et d'autres tendances financières. Le régulateur l'avait relevé d'un demi-point de pourcentage en juin 2023. À 3 %, l'OSFI a jugé le coussin suffisant pour absorber les coûts potentiels d'un éventail de vulnérabilités prudentielles.
La Banque du Canada a maintenu son taux d'intérêt directeur inchangé lors de chacune de ses cinq dernières réunions de politique monétaire, bien que les responsables aient déclaré qu'ils restaient prêts à agir si l'inflation s'étendait au-delà des prix de l'essence et de l'énergie ou si les échanges commerciaux étaient davantage perturbés par la renégociation de l'accord commercial nord-américain.
Les Banques Accueillent Favorablement un Ottawa Favorable aux Affaires
Les dirigeants bancaires ont salué ce qu'ils décrivent comme un environnement réglementaire plus favorable depuis que Carney a été élu sur un programme visant à stimuler les exportations au-delà des États-Unis et à accélérer l'approbation des grands projets énergétiques et d'infrastructure. Le PDG de la Banque Royale du Canada, Dave McKay, a déclaré lors d'un événement Bloomberg à Toronto cette semaine qu'il existe un environnement "d'appétit pour le risque" pour l'investissement, soutenu par les plans de développement portuaire, d'oléoducs et l'augmentation des dépenses de défense du gouvernement. "Je pense que vous verrez bientôt des annonces, en particulier concernant un certain nombre d'oléoducs, mais nous devons accélérer ce processus d'approbation car ce capital qui s'intéresse au Canada n'attendra pas", a déclaré McKay.
La réduction du coussin de fonds propres montre que l'OSFI considère le système bancaire comme suffisamment capitalisé pour absorber des pertes potentielles tout en soutenant la croissance économique. Les six plus grandes banques ont continué à racheter des actions et la plupart ont augmenté leurs dividendes trimestriels, même si leurs ratios CET1 restaient bien au-dessus des minimums réglementaires. Avec 74 milliards de dollars canadiens de capital désormais disponibles pour le déploiement, les banques sont sous pression pour orienter les fonds vers les prêts commerciaux et à la consommation plutôt que de restituer l'excédent de capital aux actionnaires.
Le Risque de Récession Plane Alors que l'Incertitude Commerciale Persiste
Le PIB canadien s'est contracté pendant deux trimestres consécutifs pour la première fois depuis la récession liée à la pandémie, bien que les premières données pointent vers un rebond de l'activité en avril. L'emploi s'est récemment redressé et les exportations ont augmenté, mais l'économie est confrontée à des défis structurels alors que les États-Unis modifient leur politique commerciale et adoptent des tarifs douaniers, que l'immigration ralentit et que des technologies comme l'intelligence artificielle transforment les industries. Les 673 milliards de dollars canadiens d'expansion potentielle des actifs pondérés en fonction des risques représentent un levier substantiel pour les banques afin de soutenir la transition économique.
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