Le parlement polonais a ouvert le débat sur quatre projets de loi concurrents visant à réguler les crypto-actifs, un processus compliqué par l'introduction de dernière minute d'une cinquième proposition du parti d'opposition Droit et Justice (PiS) réclamant une interdiction totale du secteur.
Cette offensive législative fait suite à deux précédents vétos présidentiels sur des lois liées aux cryptos, forçant une reprise des négociations. Le président de la Diète, Włodzimierz Czarzasty, a décrit cette situation chaotique comme « une sorte de danse du diable » et a soulevé des questions sur le financement de la plateforme polonaise en difficulté Zondacrypto, notamment sur les événements politiques et les législateurs qui auraient reçu des fonds.
Les principaux projets de loi du gouvernement et du président Karol Nawrocki diffèrent principalement sur l'ampleur des sanctions, le gouvernement proposant une amende maximale de 25 millions de PLN (6,9 millions de dollars) pour entrave aux inspections, contre 20 millions de PLN (5,5 millions de dollars) pour le président. Les deux autres propositions ont été déposées par les partis Pologne 2050 et Confédération.
Cette bataille législative se déroule à l'ombre d'une vaste enquête criminelle sur Zondacrypto, qui aurait des liens avec le crime organisé russe. L'enquête a été lancée après que des utilisateurs ont signalé des problèmes de retrait, les pertes potentielles étant estimées à des centaines de millions de PLN. Le contexte du scandale Zondacrypto et la nature juridiquement discutable de l'interdiction proposée par le parti PiS au regard du cadre européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) créent un environnement à enjeux élevés pour l'avenir des cryptos en Pologne.
La proposition du PiS d'interdire l'activité crypto ne sera examinée qu'après que la Diète aura terminé ses travaux sur les quatre projets de loi de régulation actuellement à l'étude. Une deuxième lecture des principaux textes est attendue dès jeudi. L'issue déterminera si la Pologne s'aligne sur le cadre harmonisé MiCA de l'UE ou s'engage dans un combat politique plus profond sur la légalité des actifs numériques à l'intérieur de ses frontières.
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