La Postal Savings Bank of China (01658.HK) a fait état d'une hausse de 1,9 % de son bénéfice net au premier trimestre, un résultat inférieur à la croissance de 3,1 à 4,5 % affichée par ses grands rivaux étatiques, la banque ayant massivement augmenté ses provisions pour créances douteuses.
« La décision de renforcer les réserves a pesé sur la croissance du bénéfice net malgré une accélération des revenus », ont déclaré les analystes d'UBS, qui maintiennent une recommandation « Neutre » et un objectif de cours de 6,1 HKD sur le titre.
Le chiffre d'affaires de la PSBC pour le premier trimestre 2026 a progressé de 7,6 % sur un an, une performance solide mais insuffisante pour compenser un bond de 65,2 % des charges de dépréciation. UBS a estimé que les coûts du crédit de la banque ont augmenté de 25 points de base sur un an pour atteindre 72 points de base, reflétant l'augmentation des provisionnements.
L'augmentation brutale des provisions souligne un thème critique pour le secteur bancaire chinois : la détérioration de la qualité des actifs oblige les prêteurs à sacrifier leur rentabilité à court terme pour ériger des défenses contre de futurs défauts de paiement. Cette tendance pourrait continuer à peser sur les résultats des banques dont les portefeuilles de prêts sont les plus fragiles, même si les revenus globaux se maintiennent.
Explosion des provisions pour fortifier le bilan
Le problème central de la PSBC a été sa décision délibérée de renforcer ses réserves pour pertes sur prêts. Le bond de 65,2 % des charges de dépréciation est une mesure préventive contre d'éventuels prêts toxiques, une stratégie également observée chez d'autres banques régionales comme la singapourienne UOB, qui a récemment passé d'importantes provisions anticipées. Cette position proactive, bien que douloureuse pour le résultat net, vise à garantir la stabilité du bilan dans un environnement économique incertain.
La divergence de performance entre la PSBC et ses plus grands rivaux étatiques souligne l'importance de la qualité des actifs. Comme on peut le voir sur d'autres marchés bancaires asiatiques comme le Vietnam, les banques disposant de bases de capital plus solides et d'un meilleur contrôle sur leurs créances douteuses (NPL) surperforment. Bien que le ratio NPL de la PSBC n'ait pas été divulgué dans le communiqué initial, l'augmentation massive des provisions suggère que la direction voit des risques croissants se profiler.
Malgré le retard de rentabilité, UBS a noté que la croissance des revenus sous-jacents de la PSBC reste robuste. L'augmentation de 7,6 % indique une dynamique commerciale saine. Cependant, l'attention du marché reste braquée sur le coût de la gestion du risque de crédit, un facteur qui dictera probablement la performance des valeurs bancaires chinoises pour le reste de l'année 2026.
Cet article est publié à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.