Un tribunal russe a ordonné au milliardaire Vadim Moshkovich de transférer sa participation de 49 % dans le géant agricole Rusagro à l'État, une décision évaluée à 49 milliards de roubles (649 millions de dollars) qui signale un renforcement du contrôle étatique sur l'économie.
Le jugement, rapporté par Interfax mardi, est l'une des saisies d'actifs les plus médiatisées dans une campagne qui s'est accélérée depuis 2022. « Depuis le début des activités militaires en Ukraine, le gouvernement a confisqué des propriétés privées évaluées à plus de 50 milliards de dollars », selon les médias locaux, soulignant l'ampleur de la campagne de l'État.
La saisie vise la holding de Moshkovich, classé 51e personne la plus riche de Russie. Les actions de Rusagro, une société cotée en bourse et un producteur alimentaire majeur, ont chuté de 1,4 % lundi en prévision de la décision, reflétant l'inquiétude des investisseurs quant à la stabilité des droits de propriété. L'entreprise maintient que ses opérations ne sont pas affectées par les procédures judiciaires.
Cette saisie illustre le risque accru pour les investisseurs en Russie, susceptible de refroidir davantage les investissements étrangers et nationaux. La décision contre un acteur majeur du secteur agricole critique suggère qu'aucune entreprise privée n'est à l'abri, soulevant des questions sur la gouvernance future et la stabilité opérationnelle de Rusagro et d'autres grandes entreprises désormais confrontées à la perspective d'une nationalisation de facto.
Élargissement du contrôle de l'État
L'affaire contre Moshkovich, qui fait face à des allégations distinctes de détournement de fonds qu'il nie, est emblématique d'un changement plus large dans le paysage économique russe. L'État récupère systématiquement des actifs qu'il juge stratégiquement importants ou qui sont détenus par des individus tombés en disgrâce. Cette tendance s'est accélérée depuis 2022, créant une incertitude significative dans de multiples secteurs au-delà de l'agriculture.
Pour les investisseurs, la saisie d'une participation dans une grande entreprise cotée comme Rusagro est un signal profondément baissier. Elle sape les principes de propriété des actionnaires et de recours juridique, suggérant que les décisions de justice s'alignent sur les objectifs de l'État. La possibilité de nouvelles saisies pourrait conduire à une réévaluation systémique des actions russes, les investisseurs exigeant une prime de risque plus élevée pour détenir des actifs soumis à une intervention arbitraire de l'État.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.