Les entreprises suisses ont investi 27 milliards de dollars aux États-Unis au cours des quatre premiers mois de 2026, honorant leur promesse de stimuler fortement leurs investissements après que Washington a réduit les droits de douane punitifs sur les marchandises suisses de 39 % à 15 %.
« Nous sommes des élèves modèles et nous tenons nos promesses », a déclaré Rahul Sahgal, directeur général de la Chambre de commerce suisse-américaine, dans un courriel interne consulté par la NZZ am Sonntag.
Ce chiffre couvre la période de janvier à avril et s'inscrit dans le cadre d'un engagement plus large annoncé le 14 novembre, selon lequel les entreprises suisses investiraient 200 milliards de dollars aux États-Unis sur cinq ans. Parmi les investisseurs figurent Novartis, qui construit un centre de recherche biomédicale à San Diego et une usine de production de médicaments anticancéreux au Texas ; Roche, qui étend sa production en Caroline du Nord ; et la société de technologie médicale Ypsomed, qui construit une nouvelle usine. Le groupe de transport MSC établit son siège nord-américain à Miami, couvrant les activités de croisière et de logistique, tandis que les entreprises industrielles Pfiffner Group et Elma augmentent leur capacité de production aux États-Unis.
Cette vague d'investissements indique que la Suisse respecte sa part du marché tarifaire, alors même que Washington prépare une nouvelle taxe de 12,5 % sur les marchandises suisses dans le cadre d'une mesure sur le travail forcé — soit 2,5 points de pourcentage de plus que le taux de 10 % prévu pour les produits de l'UE — ce qui accroît les enjeux pour les relations bilatérales.
Le démantèlement tarifaire débloque les flux de capitaux
Le chiffre d'investissement de 27 milliards de dollars représente un rythme annualisé de 13,5 % par rapport à l'engagement quinquennal de 200 milliards de dollars, ce qui suggère que les entreprises suisses accélèrent le déploiement de leurs capitaux. L'accord tarifaire initial, conclu le 14 novembre, a vu le président Donald Trump réduire les droits de douane punitifs sur les marchandises suisses de 39 % à 15 %, après avoir imposé le taux plus élevé au début du mois d'août. La rapidité de la mise en conformité de la Suisse contraste avec celle d'autres partenaires commerciaux qui ont dû faire face à de longues négociations tarifaires avec les États-Unis.
Les investissements couvrent les secteurs pharmaceutique, des technologies médicales, du transport maritime et de la fabrication industrielle — des secteurs qui représentent collectivement l'essentiel de la base exportatrice suisse. Novartis à elle seule a annoncé deux projets majeurs aux États-Unis, dont un pôle de recherche biomédicale à San Diego et un site de fabrication de médicaments anticancéreux au Texas, tandis que Roche étend son empreinte de production en Caroline du Nord. La nouvelle usine américaine d'Ypsomed desservira le marché américain en pleine croissance des systèmes de pompe à insuline et d'autres dispositifs d'administration de médicaments.
Une nouvelle menace tarifaire se profile
Malgré les progrès en matière d'investissement, Washington a annoncé cette semaine une nouvelle taxe de 12,5 % sur les marchandises suisses dans le cadre d'une mesure d'application de la législation sur le travail forcé, contre 10 % pour les produits de l'UE. Cette différence ajoute des frictions à une relation qui semblait s'être stabilisée après l'accord de novembre. Le taux de droits de douane précédent de 39 %, s'il était resté en vigueur, aurait imposé environ 10,6 milliards de dollars de coûts annuels aux exportateurs suisses, sur la base des flux commerciaux bilatéraux de 2025, selon les données douanières suisses.
La communication interne de la Chambre de commerce suisse-américaine, qui contenait le chiffre de 27 milliards de dollars, a été diffusée aux membres comme la preuve que la communauté des affaires tient ses engagements. La caractérisation par Sahgal des entreprises suisses comme des « élèves modèles » reflète une stratégie plus large de Berne visant à se positionner comme un partenaire commercial fiable — un contraste avec l'approche conflictuelle adoptée par Pékin et Bruxelles dans leurs différends tarifaires respectifs avec Washington.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.