Points clés à retenir : Tencent envisage de se retirer de ses investissements dans des studios de jeux, dont Marvelous, prolongeant le repli des géants chinois de la tech dans les paris gaming à l'étranger.
Points clés à retenir : Tencent envisage de se retirer de ses investissements dans des studios de jeux, dont Marvelous, prolongeant le repli des géants chinois de la tech dans les paris gaming à l'étranger.

Tencent envisage de se retirer de ses investissements dans des studios de jeux, dont Marvelous, prolongeant le repli des géants chinois de la tech dans les paris gaming à l'étranger.
Tencent envisage de se retirer de ses participations dans des studios de jeux, notamment le japonais Marvelous, selon un rapport publié lundi, alors que la plus grande entreprise chinoise de jeux vidéo rejoint un mouvement plus large de désengagement du financement international de studios qui a déjà touché plus d'une douzaine de développeurs depuis 2024.
« Ce repli reflète une réévaluation fondamentale des investissements gaming à l'étranger réalisés pendant la fenêtre d'expansion 2019-2023 », explique Charles Yu, associé chez Pillar Legal, basé à Shanghai. « Les entreprises chinoises privilégient désormais les titres domestiques à longue durée de vie plutôt que le coût et la complexité de la gestion de studios internationaux. »
Cette décision fait suite au refus de Tencent d'injecter des capitaux supplémentaires dans Don't Nod Entertainment, le studio français à l'origine de Life is Strange, dans lequel elle détenait 41,9 % des actions et 33,5 % des droits de vote à la clôture de l'exercice 2025. Les commissaires aux comptes de Don't Nod ont averti que le studio pourrait manquer de liquidités d'ici novembre, après que Tencent a refusé à la fois une augmentation de capital à court terme et un financement de coproduction pour des projets en cours. Le studio disposait d'environ 8,8 millions d'euros au 13 avril.
Ce schéma fait écho au retrait de NetEase de plus d'une douzaine de studios internationaux depuis 2024, notamment Nagoshi Studio — fondé par Toshihiro Nagoshi, créateur de Yakuza — qui a fermé après que NetEase a refusé de combler un déficit de 7 milliards de yens (44,4 millions de dollars) nécessaire à l'achèvement de son premier titre, Gang of Dragon. Pour Tencent, la sortie de ses positions chez Marvelous et d'autres studios marquerait un revirement de la stratégie d'acquisition qui a fait d'elle la plus grande entreprise de jeux vidéo au monde en termes de revenus, avec des implications pour la valorisation des développeurs japonais et européens de taille moyenne qui dépendaient des capitaux chinois.
Le repli mondial du gaming chinois
Le désengagement dépasse les seuls cas de Tencent et NetEase. Depuis 2024, les entreprises chinoises de jeux vidéo ont réduit ou abandonné au moins 15 investissements dans des studios internationaux, selon les documents publics et les rapports de presse. NetEase a à elle seule fermé Ouka Studios en août 2024, Worlds Untold en novembre 2024 et Jar of Sparks en janvier 2025. BulletFarm, fondé par l'ancien directeur du design de Call of Duty David Vonderhaar, n'a survécu qu'en obtenant un soutien indépendant via un nouveau groupe d'investisseurs.
Ce changement traduit un virage stratégique des géants chinois de la tech vers les marchés domestiques et les titres « service live » offrant des flux de revenus prévisibles. Les revenus de Tencent issus du gaming en Chine ont progressé de 12 % en 2025, surpassant son segment international qui a crû de 4 %, selon les documents de l'entreprise. Les acquisitions de studios à l'étranger par Tencent ont culminé en 2021-2022 avec des achats incluant Sumo Group pour 1,3 milliard de dollars et une participation minoritaire dans Ubisoft.
Les enjeux pour Marvelous et les autres studios
Marvelous, le développeur japonais à l'origine de Story of Seasons et Daemon X Machina, pourrait subir un ajustement de valorisation si Tencent se retire de sa participation. Les actions du studio sont cotées à la Bourse de Tokyo, et la participation de Tencent — acquise lors de la vague d'investissements de 2020-2021 — constituait un soutien clé à la valorisation. Les valeurs du gaming japonais ont déjà sous-performé le Nikkei 225 de 18 points de pourcentage cette année, dans un contexte de craintes croissantes liées au retrait des capitaux chinois, selon des données compilées par Bloomberg.
Pour l'industrie dans son ensemble, ce retrait marque la fin de l'ère des capitaux chinois faciles qui ont financé le lancement de studios et le développement indépendant entre 2019 et 2023. « Le modèle de liberté créative adossé à un financement chinois comportait des risques structurels qui n'étaient pas toujours visibles lors de la signature », explique David Kaye, fondateur du fonds de capital-risque F4 Fund. « Lorsqu'un éditeur chinois se retire, il se retire complètement, sans les communiqués de presse ni les délais de transition qui caractérisent les sorties d'entreprises occidentales. »
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.