L'ancien président Donald Trump lie un accord de paix historique avec l'Iran à une large extension des Accords d'Abraham, faisant pression sur au moins sept puissances régionales pour normaliser leurs relations avec Israël.
L'ancien président Donald Trump lie un accord de paix historique avec l'Iran à une large extension des Accords d'Abraham, faisant pression sur au moins sept puissances régionales pour normaliser leurs relations avec Israël.

L'ancien président Donald Trump lie un accord de paix historique avec l'Iran à une large extension des Accords d'Abraham, faisant pression sur au moins sept puissances régionales pour normaliser leurs relations avec Israël.
Dans une manœuvre diplomatique d'envergure, l'ancien président Donald Trump s'appuie sur les pourparlers de paix en cours avec l'Iran pour exiger que davantage de pays à majorité musulmane, dont l'Arabie saoudite et le Qatar, rejoignent les Accords d'Abraham, selon des déclarations faites au cours du week-end du Memorial Day. Cette initiative vise à transformer fondamentalement les accords de normalisation de 2020 en la pierre angulaire d'un règlement régional plus vaste.
« Après tout le travail accompli par les États-Unis pour tenter de rassembler ce puzzle très complexe, il devrait être obligatoire que tous ces pays, au minimum, signent simultanément les Accords d'Abraham », a écrit Trump lundi dans un long message sur sa plateforme Truth Social.
Cette pression est intervenue après une conférence téléphonique samedi avec les dirigeants de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, du Pakistan, de la Turquie, de l'Égypte et de la Jordanie, au cours de laquelle Trump aurait surpris les participants en liant l'accord iranien à la normalisation israélienne. Cette décision a introduit une variable nouvelle et complexe dans des négociations que les responsables décrivaient comme « largement bouclées », avec un accord potentiel incluant la réouverture du détroit d'Ormuz et l'élimination par l'Iran de son uranium hautement enrichi. Les actions américaines ont progressé vendredi sur fond d'optimisme quant à une résolution, l'indice Dow Jones Industrial Average gagnant 0,7 %.
Le pari risqué de Trump vise à remodeler la carte politique du Moyen-Orient, mais risque de compliquer un processus de paix déjà fragile. Pour les marchés, un « grand compromis » réussi pourrait réduire considérablement la prime de risque géopolitique sur le pétrole, qui est élevée depuis le début du conflit. Un échec, en revanche, pourrait mener à ce que Trump lui-même a qualifié de conflit « plus grand et plus fort » si la diplomatie échoue.
Les négociations pour mettre fin à la guerre avec l'Iran, menées par l'intermédiaire du Pakistan et du Qatar, semblaient atteindre un stade critique. Un haut responsable de l'administration Trump a déclaré dimanche à CBS News que l'Iran avait accepté en principe un accord impliquant l'élimination de son uranium hautement enrichi et la réouverture du détroit d'Ormuz. En retour, l'Iran verrait une partie de ses avoirs gelés à l'étranger débloquée et bénéficierait d'un allègement des sanctions.
Cependant, les signaux provenant des parties prenantes aux négociations sont restés mitigés. Le secrétaire d'État Marco Rubio a suggéré qu'un accord pourrait se concrétiser « aujourd'hui », tandis que les responsables iraniens ont maintenu qu'un accord n'était pas imminent, accusant Washington de changer de position. Le négociateur en chef de l'Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf, est arrivé au Qatar lundi dans le cadre du processus diplomatique.
L'urgence d'un accord est soulignée par la pression économique issue du conflit, en particulier la fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz, un conduit pour environ 20 % du pétrole mondial.
La nouvelle condition de Trump élargit considérablement la portée des discussions. Lors d'un appel samedi destiné à unifier le soutien à l'accord iranien, il a informé les dirigeants qu'il attendait de toutes les nations sans relations formelles avec Israël qu'elles en établissent une fois la guerre terminée. La demande a été accueillie par un « silence à l'autre bout du fil », selon un responsable cité par Axios.
Dans ses publications publiques, Trump a été plus direct, énumérant les pays qu'il s'attend à voir rejoindre les accords : « L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (déjà membres !), le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l'Égypte, la Jordanie et Bahreïn (déjà membres !) ». Il a spécifiquement appelé à une « signature immédiate par l'Arabie saoudite et le Qatar ».
Cette initiative a été saluée par des alliés comme le sénateur républicain Lindsey Graham, qui l'a qualifiée de « coup de génie » qui serait « plus que transformateur pour la région et le monde ». Cependant, cela place des nations comme l'Arabie saoudite dans une position difficile. Le royaume a précédemment déclaré que la normalisation était conditionnée à une « voie claire » vers une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien, un sujet notablement absent des Accords d'Abraham.
La perspective d'un grand compromis régional a été accueillie avec un optimisme prudent sur les marchés financiers, sous pression en raison des prix élevés de l'énergie et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement découlant du conflit. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont tous deux progressé vendredi à la suite des rapports sur les progrès accomplis.
Toutefois, cette nouvelle conditionnalité introduit une incertitude importante. Bien que les Émirats arabes unis et Bahreïn aient rejoint les accords originaux en 2020, ces accords restent impopulaires auprès d'une grande partie du public à travers le monde arabe. Forcer la main sur cette question dans le cadre de l'accord iranien pourrait déstabiliser les gouvernements ou faire échouer l'ensemble du processus de paix.
Trump a même évoqué l'idée que l'Iran, l'adversaire acharné d'Israël, rejoigne finalement cette « coalition mondiale sans précédent ». Bien qu'il l'ait présenté comme un « honneur », Téhéran refuse de reconnaître Israël depuis des décennies, ce qui rend une telle issue improbable sous sa direction actuelle. Le succès de la stratégie audacieuse de Trump dépend désormais de la question de savoir si les puissances régionales considèrent qu'un accord de paix global vaut le coût politique de la normalisation des relations avec Israël.
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