Plus de 20 pétroliers sont regroupés près du port iranien de Chabahar, dont huit très gros transporteurs de brut (VLCC) d'une capacité totale de 14 millions de barils, après qu'un blocus naval américain a effectivement bouclé la zone.
"Le blocus ne se contente pas d'intercepter les navires lorsqu'ils entrent et sortent du détroit d'Ormuz ; il s'intéresse à ce réseau plus large", a déclaré Michelle Bockmann, analyste de données au sein de la société de renseignement maritime Windward, au Jerusalem Post, citant des informations du commandement central américain.
L'imagerie satellite a confirmé l'accumulation de navires dans le golfe d'Oman, une zone située juste à l'extérieur du golfe Persique. Le commandement central américain a déclaré qu'avant le blocus, le port comptait en moyenne environ cinq navires ancrés par jour ; ce nombre a maintenant quadruplé. La marine américaine aurait refoulé 29 navires depuis le début de l'opération, le trafic via le détroit stratégique d'Ormuz ralentissant pour atteindre un niveau proche de zéro.
L'immobilisation des sept VLCC représente un coup dur pour les exportations de pétrole de l'Iran, ce qui pourrait contraindre Téhéran à arrêter sa production à mesure que les capacités de stockage s'épuisent. Avec environ 155 millions de barils de son brut déjà en stockage flottant ou en transit dans le monde entier selon Vortexa Ltd., le blocus accentue la pression économique sur le régime.
Crise du stockage flottant
L'accumulation de pétroliers à Chabahar souligne l'impact immédiat de l'action répressive américaine. Les analystes suggèrent que, faute d'accès aux marchés mondiaux, l'Iran est contraint d'utiliser sa propre flotte comme stockage flottant. Il s'agit d'une stratégie coûteuse et non viable. La situation est compliquée par les navires iraniens qui s'engagent dans une "activité sombre" — éteignant leurs transpondeurs d'identification pour cacher leurs mouvements, une pratique qui viole le droit maritime international. Les États-Unis ont réagi en étendant leur portée d'intervention, en montant récemment à bord d'un pétrolier sanctionné aussi loin que le golfe du Bengale.
Les options limitées de l'Iran
On ignore combien de pétroliers vides l'Iran a encore à sa disposition pour charger du brut. Les données de suivi des navires montrent que l'Iran pourrait remettre en service des navires plus anciens, comme le VLCC Nasha, âgé de 30 ans, qui a récemment commencé à émettre des signaux depuis le golfe Persique après trois ans d'inactivité. Toutefois, même cette tactique pourrait s'avérer insuffisante si le blocus se maintient. Les navires piégés représentent une part importante de la capacité d'exportation de l'Iran, et leur retrait du marché est susceptible d'avoir un impact substantiel sur la dynamique de l'offre mondiale de pétrole.
Cet article est publié à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.