Les négociateurs américains et iraniens ont poursuivi leurs discussions après minuit en Suisse dimanche, alors que des revendications concurrentes sur le détroit d'Ormuz menaçaient de faire échouer un accord intérimaire de 60 jours visant à mettre fin à la guerre.
Le vice-président JD Vance a conduit la délégation américaine dans la station de montagne suisse de Bürgenstock, accompagné de Jared Kushner et Steve Witkoff, tandis que le président du Parlement, Mohammad Bagher Qalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dirigeaient la partie iranienne. Les pourparlers directs ont duré environ 80 minutes, selon les médias d'État iraniens, et des équipes techniques devraient rester en Suisse jusqu'à lundi.
« Il y a une opportunité de tourner la page », a déclaré Vance aux journalistes avant les discussions. « Pouvons-nous changer durablement les relations au Moyen-Orient, ou retournons-nous à l'ancienne méthode ? »
L'urgence découle de revendications concurrentes sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 21 % du pétrole mondial. Le commandement militaire conjoint iranien a annoncé samedi avoir de nouveau fermé cette voie maritime, invoquant la poursuite des attaques israéliennes au Liban et ce qu'il a décrit comme une « mauvaise foi » américaine pour ne pas avoir imposé un cessez-le-feu. Le Commandement central américain a contesté cette affirmation, indiquant que 55 navires marchands avaient transité samedi, transportant plus de 17 millions de barils de pétrole, sans interruption.
Le président Donald Trump a répondu en menaçant d'imposer des péages sous contrôle américain sur cette voie maritime si un accord final n'est pas conclu dans les 60 jours, qualifiant ces frais de compensation pour « services rendus en tant qu'ange gardien des pays du Moyen-Orient ». L'accord intérimaire signé plus tôt cette semaine prévoit une libre circulation sans péage pendant la fenêtre de négociation de 60 jours.
Le détroit d'Ormuz est devenu le point de pression central des négociations. Les précédentes menaces de fermeture de l'Iran en 2019 et 2023 ne s'étaient jamais pleinement concrétisées, mais l'impasse actuelle survient en plein conflit militaire actif. La dernière fois qu'un goulet d'étranglement maritime majeur a fait face à une menace de perturbation prolongée — le blocage du canal de Suez en 2021 — les pertes commerciales mondiales ont dépassé 9 milliards de dollars par jour, selon Lloyd's List.
Sur le terrain au Liban, les combats se sont poursuivis malgré un cessez-le-feu négocié samedi entre Israël et le Hezbollah. Des frappes israéliennes ont tué au moins 16 personnes, dont deux enfants, tandis que le Hezbollah a tiré plus de 50 projectiles sur les forces israéliennes dans le sud du Liban. Le bilan dépasse les 4 000 morts depuis le début du conflit, selon le ministère libanais de la Santé. Cinq soldats israéliens ont été tués au cours des 48 dernières heures.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a adopté un ton prudent avant les discussions, déclarant à la télévision d'État que les négociations vers un accord final ne commenceront qu'une fois les principaux engagements respectés. « Si ce n'est pas le cas, le mémorandum d'accord dans son ensemble sera compromis », a-t-il déclaré.
L'accord intérimaire donne aux négociateurs 60 jours pour parvenir à un accord nucléaire global, bien que le calendrier puisse être prolongé. Le gouverneur de la banque centrale iranienne, Nasser Hemmati, s'est également rendu en Suisse, signalant que des discussions sur le dégel de milliards de dollars d'avoirs iraniens sont sur la table.
Pour les marchés, les enjeux sont clairs. Le brut Brent intègre une prime de risque depuis le début des hostilités le 28 février, et toute rupture des pourparlers pourrait pousser les prix du pétrole fortement à la hausse tout en entraînant des flux refuges vers l'or et le dollar. Un accord réussi, en revanche, pourrait débloquer les exportations de pétrole iranien et atténuer les contraintes d'approvisionnement.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.