Le nombre d'Américains sans emploi depuis au moins 27 semaines a atteint en moyenne plus de 1,8 million en 2026, un niveau qui révèle des dégâts structurels sous le taux de chômage officiel.
Le nombre de chômeurs de longue durée — ceux sans emploi depuis 27 semaines ou plus — a dépassé en moyenne 1,8 million cette année, selon des données citées par CNBC le 4 juin. Ce chiffre reflète une hausse soutenue de la part des travailleurs confrontés aux plus grandes difficultés pour réintégrer le marché du travail, une catégorie qui subit généralement des conséquences financières et sanitaires durables, même après avoir retrouvé un emploi.
« Le chômage de longue durée peut avoir des répercussions sur la santé financière, émotionnelle et familiale qui persistent même après le retour sur le marché du travail », note le rapport, soulignant les coûts cachés qui s'accumulent à mesure que les compétences s'atrophient et que les réseaux professionnels s'effritent.
La moyenne de 1,8 million marque une augmentation significative par rapport aux niveaux d'avant la pandémie, lorsque le chômage de longue durée oscillait autour de 1,2 million en 2019. Lors du pic pandémique, ce chiffre avait grimpé au-dessus de 4 millions avant de décliner à mesure que l'économie rouvrait. La trajectoire actuelle suggère que le marché du travail se refroidit plus profondément que le seul taux de chômage officiel ne le laisse paraître, les travailleurs qui perdent leur emploi mettant désormais plus de temps à en trouver un nouveau.
Pourquoi le chômage de longue durée est important pour l'économie
Les travailleurs qui restent au chômage six mois ou plus voient leur probabilité de retrouver un emploi chuter brutalement, un phénomène que les économistes appellent la « dépendance à la durée ». Chaque semaine supplémentaire sans emploi réduit le taux de rappel, selon les recherches sur le marché du travail, les employeurs interprétant les longues périodes d'inactivité comme un signe de détérioration des compétences. Il en résulte un nombre croissant de travailleurs susceptibles de se détacher définitivement du marché du travail, réduisant ainsi la capacité productive de l'économie.
Les coûts cachés dépassent le cadre des ménages individuels. Le chômage de longue durée réduit les dépenses de consommation agrégées, accroît la demande de programmes de protection sociale et diminue les recettes fiscales. Le Congressional Budget Office estime que chaque point de pourcentage d'augmentation du chômage de longue durée réduit les recettes fiscales fédérales d'environ 30 milliards de dollars par an, bien que le chiffre exact dépende du contexte économique global.
Quelles perspectives pour le marché du travail
Cette hausse soutenue du chômage de longue durée intervient alors que la Réserve fédérale maintient des taux d'intérêt à des niveaux élevés, le taux des fonds fédéraux se situant entre 5,25 % et 5,5 %, inchangé depuis juillet 2023. La campagne de resserrement de la banque centrale a refroidi la demande de main-d'œuvre dans les secteurs sensibles aux taux d'intérêt, notamment le logement, l'industrie manufacturière et les petites entreprises, où les projets d'embauche ont reculé.
La tarification par le marché des baisses de taux a considérablement évolué ces derniers mois. Au début de l'année 2026, les traders anticipaient deux à trois baisses cette année, mais ces attentes se sont largement dissipées, certains évoquant désormais la possibilité d'une hausse des taux, selon les commentaires sur les résultats du premier trimestre de Chimera Investment Corp. Si le marché du travail continue de s'affaiblir, les pressions sur la Fed pour assouplir sa politique pourraient s'intensifier, en particulier si le chômage de longue durée continue d'augmenter.
Le prochain rapport sur les salaires non agricoles offrira le signal le plus clair à court terme pour savoir si la tendance s'accélère. Une nouvelle hausse de la part des chômeurs de longue durée dans le chômage total — actuellement supérieure à 20 % — renforcerait l'idée que le marché du travail subit une mutation structurelle plutôt qu'une simple phase de faiblesse temporaire.
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