Les plus grands producteurs de pétrole américains ont affiché leurs bénéfices trimestriels les plus solides depuis des années, préparant un affrontement politique avec le président Donald Trump sur les prix de l'essence avant les élections de mi-mandat de novembre.
Les compagnies pétrolières américaines ont annoncé leurs bénéfices trimestriels les plus élevés depuis des années début juillet, suscitant un conflit avec le président Donald Trump qui a pressé l'industrie de réduire les prix de l'essence avant les élections de mi-mandat de novembre.
« L'industrie est prise entre le rendement pour les actionnaires et la réponse à la pression politique de la Maison-Blanche », a déclaré Omar Tariq, analyste des matières premières spécialisé dans les marchés pétroliers et gaziers. « Les chiffres de bénéfices sont indéniables, mais l'optique politique est difficile alors que les prix à la pompe restent élevés. »
Cette hausse des bénéfices fait suite à un trimestre volatil pour les marchés du brut. Le pétrole brut WTI a chuté de 17 % à 18 % au deuxième trimestre, son plus fort déclin trimestriel depuis 2020, alors que les craintes d'un conflit prolongé entre les États-Unis et l'Iran se sont apaisées et que les prix du pétrole sont revenus à des niveaux d'avant-guerre, selon les données de marché. Le recul des prix du brut ne s'est toutefois pas traduit par des baisses proportionnelles à la pompe, laissant les consommateurs frustrés et attirant l'attention du président.
Ces tensions marquent un renversement par rapport à la relation traditionnelle entre la Maison-Blanche et le secteur énergétique. Trump s'est longtemps positionné comme un allié des géants pétroliers, mais avec l'approche des élections de mi-mandat et les prix de l'essence constituant une préoccupation majeure pour les électeurs, il a changé de cap pour exiger un soulagement immédiat. La dernière fois qu'un président américain a publiquement fait pression sur les compagnies pétrolières concernant les prix, c'était en 2022, lorsque le président Joe Biden avait appelé les raffineurs à réduire leurs coûts après une flambée post-invasion de l'Ukraine — une dynamique qui avait finalement conduit à des appels à une taxation des superprofits.
Le paradoxe des bénéfices
Les majors pétrolières américaines devraient annoncer un bénéfice net combiné qui pourrait dépasser largement les chiffres de l'année précédente, porté par les gains d'efficacité opérationnelle et l'augmentation de la production plutôt que par les prix élevés du brut qui ont alimenté les bénéfices records de 2022. Ces résultats solides interviennent alors même que le brut WTI s'échange en moyenne à environ 15 dollars le baril en dessous de son sommet de 2025, soulignant comment la réduction des coûts et une discipline d'investissement stricte ont amélioré les marges.
Le risque politique est que ces bénéfices deviennent un enjeu de campagne. Trump a publiquement exhorté les dirigeants pétroliers à « faire baisser les prix maintenant », avertissant que l'inaction pourrait entraîner des représailles réglementaires. L'industrie, quant à elle, invoque les contraintes de capacité de raffinage et les coûts de distribution comme des facteurs indépendants de sa volonté.
Quelle est la prochaine étape ?
Ce bras de fer introduit une incertitude significative pour les valorisations du secteur énergétique avant les élections de mi-mandat. Si Trump donne suite à ses menaces réglementaires — comme l'assouplissement des règles environnementales pour accélérer les permis de forage ou, à l'inverse, l'imposition de contrôles des prix — le secteur pourrait subir une forte réévaluation. Bank of America a signalé que les valeurs énergétiques étaient vulnérables aux risques politiques liés aux titres pendant le cycle électoral.
Pour les investisseurs, la question clé est de savoir si l'industrie peut naviguer la pression politique sans sacrifier la discipline capitalistique qui a soutenu sa récente surperformance. Le secteur énergétique du S&P 500 a gagné environ 8 % depuis le début de l'année, en retard par rapport à la hausse de 14 % de l'indice général, le déclin des prix du brut ayant pesé sur le sentiment.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.