L'annonce d'une initiative de Trian Fund Management, la société de l'investisseur activiste Nelson Peltz, visant à privatiser Wendy’s Co. a fait bondir de 16 % les actions de la chaîne de restauration rapide, laissant entrevoir une issue possible après une chute de 71 % de la valeur boursière sur trois ans.
« Le conseil d'administration et l'équipe de direction sont déterminés à faire progresser notre stratégie et à créer de la valeur pour nos actionnaires », a déclaré Wendy’s dans un communiqué, ajoutant que son conseil examinerait toute proposition de Trian conformément à ses obligations fiduciaires.
L'action Wendy’s (WEN) a grimpé à 7,86 $ lors des échanges d'avant-bourse mardi, après avoir clôturé à 6,77 $ lundi, ce qui valorisait la société à environ 1,3 milliard de dollars. Cette offre potentielle survient alors que le titre a plongé de 71 % par rapport à son sommet historique de 28,87 $ atteint le 8 juin 2021.
Cette opération représente un moment charnière pour Wendy’s, qui est aux prises avec une baisse de ses ventes et des marges bénéficiaires serrées. Un rachat par privatisation permettrait à Trian, qui détient déjà 40 % du capital, de restructurer l'entreprise à l'abri du regard des marchés publics et de la pression des résultats trimestriels.
Un pari sur le long terme
Nelson Peltz, qui a quitté la présidence de Wendy’s en 2024, entretient une longue relation avec l'entreprise et laissait présager une telle démarche. En février, M. Peltz avait affirmé que l'action Wendy’s était sous-évaluée et confirmé avoir discuté avec des sources de financement de transactions potentielles, y compris une acquisition. Cette démarche fait suite à une exploration similaire d'une offre de rachat en 2022.
L'influence de Trian est considérable. Les documents réglementaires montrent que M. Peltz et son cofondateur Peter May détiennent chacun environ 16 % des actions de la société, le fonds Trian en détenant 8 % supplémentaires. Cette concentration de l'actionnariat donne un poids important à toute proposition de la firme et augmente la probabilité d'une transaction.
Face aux vents contraires
Ce rachat potentiel intervient alors que l'entreprise basée à Dublin, dans l'Ohio, fait face à d'importants défis commerciaux. Bien que Wendy’s ait dépassé les estimations de bénéfices du premier trimestre, elle a lutté contre une faible demande et une baisse des ventes au cours des trimestres précédents. La valorisation de la société a chuté d'environ 19 % depuis le début de l'année, reflétant l'inquiétude des investisseurs quant à sa performance face à ses concurrents dans le secteur de la restauration rapide.
Trian serait en discussion avec des investisseurs externes, notamment au Moyen-Orient, pour lever des fonds en vue de l'acquisition. Une offre réussie entraînerait le retrait de Wendy’s de la cote, offrant aux actionnaires actuels un paiement en espèces, probablement assorti d'une prime par rapport au cours récent, tout en donnant à Peltz le contrôle nécessaire pour mettre en œuvre des changements stratégiques à long terme.
Cet article est fourni à titre d'information uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.