La toute jeune division de véhicules électriques de Xiaomi Corp. a livré un nombre record de 30 000 voitures en avril, dopant son action comme jamais en un mois. Toutefois, cette victoire opérationnelle intervient alors que l'entreprise lutte contre la réduction des marges de ses smartphones et une guerre des prix brutale sur le segment des VE qui menace sa rentabilité future.
Le secteur automobile chinois est entré dans une « phase d'élimination brutale », a déclaré Wang Chuanfu, PDG de BYD Co., plus tôt cette année, selon le Business Times — un sentiment qui illustre le défi pour les nouveaux entrants comme Xiaomi.
Le chiffre des livraisons d'avril représente un bond de près de 40 % par rapport aux 21 440 véhicules de mars, selon une annonce de la société citée par ad-hoc-news.de. Pour les quatre premiers mois de 2026, les livraisons cumulées ont atteint 114 000 véhicules, soit une augmentation de 17 % par rapport à la même période l'an dernier. Ce rallye a fait grimper l'action de Xiaomi cotée à Hong Kong (01810.HK) de plus de 8 %, à 31,4 HKD.
Bien que les chiffres de livraison signalent une forte demande initiale pour sa berline SU7, la célébration est tempérée par une action qui reste en baisse de près de 30 % depuis le début de l'année. Les investisseurs soupèsent l'histoire de croissance élevée de l'automobile par rapport à l'activité principale de smartphones de la firme, où les marges brutes sont tombées à 8,3 % au quatrième trimestre 2025, selon les données du marché.
L'histoire de deux activités
Le décalage entre la dynamique des VE de Xiaomi et sa valorisation boursière a rarement été aussi frappant. Les deux principaux modèles de la société, la SU7 Facelift récemment lancée et le SUV électrique YU7, tirent la croissance. La SU7 a enregistré environ 60 000 commandes fermes au cours de ses 35 premiers jours, tandis que le YU7 a atteint 231 000 livraisons cumulées depuis son lancement en juin 2025.
Cependant, l'objectif annuel de la société de 550 000 véhicules reste une pente raide, nécessitant une production mensuelle de plus de 55 000 unités pour le reste de l'année — soit près du double du rythme record d'avril. Cette montée en puissance agressive se produit sur un marché domestique défini par une concurrence intense de la part d'acteurs établis comme BYD, Geely et Leapmotor, tous engagés dans une guerre des prix qui a érodé les profits dans tout le secteur. BYD, le plus grand fabricant de VE au monde, a vu son bénéfice net par véhicule chuter jusqu'à 66 % au premier trimestre 2026, un signal d'alarme pour toute l'industrie.
La question de la rentabilité
Pour Xiaomi, le défi central est de convertir le volume en profit. Alors que la division auto bat des records, l'action de la société a touché un plus bas de 52 semaines à 3,17 € sur les marchés européens, reflétant une profonde incertitude sur les marges. La société a activement soutenu le cours de son action, rachetant 3,4 millions d'actions pour environ 100 millions de HKD le 30 avril, selon un document boursier.
Les investisseurs surveilleront de près la publication des résultats non audités du premier trimestre le 26 mai. Le prochain catalyseur majeur sera le lancement de la YU7 GT haute performance, une incursion dans le segment des VE haut de gamme. La société a également confirmé son intention de pénétrer le marché européen des VE au second semestre 2027, une étape nécessaire à la croissance mais qui nécessitera des capitaux importants. La question pour les investisseurs est de savoir si la croissance ultra-rapide du segment automobile peut générer un profit significatif avant que la pression sur la division smartphone et le coût de l'expansion n'épuisent la patience du marché.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.