L'action Alphabet chute de 17 % sur les craintes de dépenses de 185 milliards de dollars
Les actions d'Alphabet (GOOGL) ont chuté de plus de 17 % par rapport à leur record intrajournalier de 349 $ établi début février, plaçant le titre au bord d'un marché baissier. Le déclin s'est accéléré avec une chute de 3,9 % en une seule séance, la plus importante depuis juin dernier, effaçant une partie du gain de 135 % enregistré avant le sommet. L'anxiété des investisseurs est centrée sur le plan de dépenses d'investissement agressif de la société, qui devrait atteindre 185 milliards de dollars cette année — soit le double du total de 2025. Cette dépense massive en infrastructures d'IA et de centres de données a conduit les analystes à prévoir que Google pourrait générer un flux de trésorerie négatif pour l'année, un renversement brutal pour une entreprise généralement riche en liquidités.
Fondamentaux solides malgré une baisse prévue des bénéfices au T1
Alors que les bénéfices du premier trimestre devraient chuter d'environ 8 %, les revenus d'Alphabet devraient augmenter de plus de 18 % pour atteindre près de 107 milliards de dollars. Cette croissance du chiffre d'affaires est alimentée par la position de plus en plus dominante de l'entreprise dans l'intelligence artificielle. Les revenus de Google Cloud ont bondi de 48 % en glissement annuel pour atteindre un taux d'exécution annuel de 70 milliards de dollars en 2026, avec 75 % de ses clients utilisant désormais des outils basés sur Gemini. De plus, Google atténue les coûts matériels et les risques de la chaîne d'approvisionnement en développant ses propres puces Trillium pour entraîner ses modèles d'IA, réduisant ainsi sa dépendance aux coûteux processeurs tiers. Le récent déclin de l'action a également rendu sa valorisation plus attrayante, avec son ratio cours/bénéfice passant de 28,9 fin décembre à 26,8, en dessous de celui de nombre de ses pairs du 'Magnificent Seven'.
Les analystes voient le fossé d'IA à long terme l'emporter sur les coûts à court terme
Les analystes de Wall Street considèrent largement les lourdes dépenses comme une nécessité stratégique plutôt qu'une faiblesse fondamentale. Ivan Feinseth, analyste chez Tigress Research, soutient que le repli reflète l'anxiété du marché concernant l'investissement qui dépasse la monétisation à court terme, et non une détérioration des fondamentaux. Il maintient qu'Alphabet est en train de construire un « fossé informatique et énergétique à long terme » pour soutenir la croissance de son IA Gemini et de son Cloud pendant des années. Feinseth a relevé son objectif de cours à 12 mois à 415 $ le mois dernier, impliquant un gain potentiel de 44 % par rapport aux niveaux actuels. Cette perspective encadre les 185 milliards de dollars de capex comme un investissement crucial pour assurer un avantage concurrentiel durable à l'ère de l'IA, un thème qui résonne dans tout le secteur technologique alors que les entreprises se livrent une course à la construction d'infrastructures.