Tesla Inc. (NASDAQ : TSLA) a produit les derniers exemplaires de ses Model S et Model X dans son usine de Fremont, en Californie, mettant fin à 14 ans de carrière pour la berline qui a défini le marché des véhicules électriques haut de gamme et signalant un pivot définitif vers ses moteurs de croissance de nouvelle génération, tels que la robotique et l'intelligence artificielle.
« Les Model S et X sont comme nos enfants, c'est donc un peu sentimental, mais elles ont droit à une retraite honorable », a déclaré le PDG Elon Musk en janvier, préfigurant ainsi la décision qui conclut officiellement le premier grand chapitre de l'histoire de Tesla.
La fin de série de la Model S après 14 ans et de la Model X après 11 ans est plus qu'une étape symbolique. L'usine de Fremont ne s'arrêtera pas ; au contraire, elle est en cours de rééquipement pour assembler Optimus, le projet de robot humanoïde de Tesla. Musk a suggéré que la production de robots pourrait commencer avant la fin de l'année, un pari concret de plusieurs milliards de dollars sur un avenir au-delà de l'automobile. Pour les investisseurs, cette décision force à réévaluer une entreprise dont l'action se négocie à un multiple cours/bénéfice d'environ 370, une valorisation qui dépend entièrement du succès de ces projets futuristes.
Le pivot est déjà en marche
Bien que le projet Optimus soit le signe le plus visible de la nouvelle direction de Tesla, le pivot de l'entreprise génère déjà des revenus significatifs. Le nombre d'abonnés à son logiciel Full Self-Driving (FSD) augmente de plus de 50 % d'une année sur l'autre, ce qui indique un produit fidèle générant des revenus récurrents. Le réseau de robotaxis de l'entreprise s'étend également, et la production du « Cybercab » dédié a été confirmée pour la fin de l'année. En outre, l'activité de stockage d'énergie de Tesla est devenue un contributeur majeur au chiffre d'affaires, affichant des marges élevées qui favorisent la croissance globale de l'entreprise. Alors que des concurrents comme Mercedes-Benz ont publiquement affiché leur intention de s'emparer des parts de marché des VE haut de gamme abandonnées par la Model S, Tesla se concentre sur un jeu totalement différent.
Wall Street reste divisé
Malgré des progrès tangibles dans les nouveaux segments, Wall Street reste divisé sur la question de savoir si cette stratégie justifie la valorisation élevée de l'action. En mai, les analystes d'UBS et de Barclays ont tous deux attribué la note « Neutre » au titre. Phillip Securities est allé plus loin, initiant une couverture avec une recommandation à la « Vente », citant des inquiétudes sur la valorisation et le risque d'exécution à court terme sur les projets ambitieux de la société. Le ratio C/B élevé laisse peu de place à l'erreur ; tout retard dans la production du Cybercab, une adoption du FSD plus lente que prévu ou des difficultés à passer à l'échelle pour Optimus pourraient entraîner une compression rapide et douloureuse du multiple. Un risque supplémentaire, et de plus en plus discuté, est le potentiel d'une introduction en bourse de SpaceX qui pourrait détourner les capitaux et l'attention de Tesla, qui a historiquement été le principal véhicule public permettant aux investisseurs de parier sur la vision d'Elon Musk.
Pour les investisseurs, la thèse haussière de Tesla ne repose plus sur sa capacité à vendre des voitures, mais sur sa capacité à mettre en œuvre le déploiement massif du FSD, des robotaxis, du stockage d'énergie et de la robotique. Le retrait des Model S et X représente un acte symbolique de « brûler ses vaisseaux » — un signal clair que l'entreprise est pleinement engagée dans ce qui suit. C'est un pari à enjeux élevés qui demande aux investisseurs de croire en un avenir qui s'étend bien au-delà de l'industrie automobile, un avenir qui doit maintenant délivrer des milliers de milliards de dollars de valeur projetée pour justifier le prix actuel.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.